Nombreux sont ces grands carrefours de Bamako où l’on n’a ni feux tricolores, ni policiers. Un état de fait à l’origine de plusieurs accidents de la circulation.

Une vue de la circulation au Carrefour Moussa Sy, un matin (Ph. Idrissa Diarra)

La route nationale 27 reliant Bamako à Koulikoro est l’un des principaux axes routiers du Mali. De nombreuses voies d’accès aux quartiers riverains partent naturellement de cette grande voie. Si par endroits, il y a des feux tricolores ou des policiers ou les deux à la fois, certaines jonctions restent vierges de toute autorité de régulation du trafic. Peut-être parce que les autorités minimisent la densité de la circulation routière à ces intersections.

Émission Allankissi N° 001

Le Carrefour Moussa Sy fait partie de ces intersections à hauts risques qui méritent une sérieuse attention de la part des autorités. En effet, après plusieurs jours d’observation de ce point de circulation, une de nos équipes s’est rendue sur les lieux pour avoir quelques témoignages.

Il ressort des propos des personnes interrogées qu’il ne se passe pas de jour sans un accident à ce Carrefour. Aminata Diarra, vendeuse de beignets au bord de cette route, fustige le comportement des automobilistes et des motocyclistes qui circulent sans vouloir se céder le passage. Et pourtant, de la Rue Moussa Sy, certains usagers veulent traverser la route pour accéder à une bretelle qui va vers Sotuba. Les piétons voulant aller de l’autre côté de la route, dans un sens comme dans l’autre, peuvent passer de longues minutes d’attente, vu que personne ne veut sacrifier sa  »priorité ». Et gare aux piétons qui veulent croire à un bout d’humanité de ces usagers motorisés, tous aussi pressés les uns que les autres, ils peuvent frôler la mort.  »Si les autorités ne nous croient pas, qu’ils viennent un jour s’asseoir ici pour observer », dit Aminata. Abdoulaye Guindo, un jeune revendeur de carburant au bord de cette voie dit avoir vu de ses propres yeux de nombreux accidents dont le plus marquant pour lui était celui d’une personne âgée. « Personne ne voulant le laisser passer, il s’est engagé et s’est finalement fait renverser par un motocycliste. Il a été grièvement blessé à la jambe. » Comme les deux précédents témoins, Ibrahim Sakho, gérant d’un kiosque Orange Money dit qu’il travaille là depuis quelque temps et qu’il ne s’est jamais passé de jour sans accident à cet endroit.

Traverser cette voie est parfois un véritable parcours du combattant pour les piétons
(Ph. Idrissa Diarra)

Le souhait des personnes interviewées est que les autorités fassent un effort, soit pour installer des feux tricolores, soit pour y envoyer au moins les matins et les soirs, ces moments où il y a le pic du traffic, des agents de la police routière pour réguler la circulation.

Il vaut mieux prévenir que guérir. Nous souhaitons vivement que les autorités entendent le SOS que lancent les riverains du Carrefour Moussa Sy pour réduire le nombre d’accidents à cet endroit.

Que Dieu nous protège !

Maméry DIAKITÉ