Les habitants de Talico, à travers la jeunesse, ont organisé une journée de manifestation contre le projet de la mairie visant à transférer un dépôt de transit dans la commune. Ladite journée a été organisée le dimanche 18 octobre 2020, sur le site désigné par les autorités.

La rencontre des populations de Talico

Sous une ambiance multicolore, femmes, hommes, jeunes et adultes, se sont retrouvés pour manifester leurs mécontentements vis-à-vis du projet porté par les autorités concernant leur commune.

Ce projet porté par les hautes autorités départementales vise à transférer le dépotoir vers un site de Talico. Afin de montrer leurs points de vue sur la situation, la jeunesse a organisé un meeting de rejet du projet. Si les autorités se vantent d’offrir des emplois aux jeunes du quartier à travers l’installation d’une usine de transformation, les habitants y voient une menace pour leur santé. « C’est un projet dont les informations nous sont parvenues de bouche-à-oreille. Nous avons tenu la première réunion à la mairie de Talco. La population a dit qu’elle n’en veut pas. Pour nous le projet n’a pas de sens », dit Abdoulaye Mangara, président de la CEAE (Commission Eau, Assainissement Environnement) de la mairie de Talico.

Un projet à zones d’ombre

Le président de la CEAE affirme au micro des organisateurs :
« Ce projet n’est pas un projet de la mairie mais un projet porté par quelques personnes. Je dois être associé à tous les projets portant sur l’assainissement et dans ce cas je n’ai pas été associé. D’ailleurs, nous avons tenu un conseil communal il y a trois semaines et personne n’a soulevé la question. »
Si au niveau de la hiérarchie à la mairie, c’est le secret, le secrétaire à l’organisation et porte-parole de la coordination de la jeunesse de Lafiabougou Bougoudani et Talico, Mamadi Kéita, trouve d’autres raisons :
« Nous avons eu maintes réunions avec le maire de Talico. Bien avant de venir ici, j’étais au téléphone avec lui. Il nous a fait savoir que le projet est là. Qu’on le veuille ou pas, le projet va se réaliser d’une manière ou d’une autre. »

Le besoin de clarifier les choses

Il ajoute aussi que le maire dit être ouvert au dialogue et invite la coordination des jeunes à des pourparlers. Il continue : « Nous voulons un terrain d’entente. Nous avons organisé cet évènement pour clarifier nos positions. La jeunesse ne veut pas d’un dépôt de transit ici. Nous avons invité le maire pour un débat contradictoire. »

Interrogé sur les raisons de leur opposition, Maladie Kéita explique : « S’ils transforment cet espace en dépôt d’ordure, les maisons au bord du marigot ne seront plus protégées durant la saison des pluies car c’est cet espace qui permet à l’eau de couler sans entrave. Boucher cet espace serait contraindre l’eau à se frayer un autre chemin, quitte à provoquer des dégâts », et le jeune leader de continuer en détaillant les arguments avancés par le premier officier de la commune : « Le maire a essayé d’expliquer son projet, c’est pourquoi j’ai voulu qu’il soit là ce soir. Il parle d’un projet de développement du quartier, pourtant les ordures ne peuvent jamais développer le quartier…»

Un appel aux autorités

Et le secrétaire à l’organisation de demander aux autorités de bien vouloir regarder l’aspect humain de la chose avant de les inviter au dialogue pour une meilleure compréhension afin de permettre au quartier de se développer. : « Nous leur avons demandé de changer ce projet en un autre projet. Et nous allons les aider dans ce sens. Nous ne sommes pas là pour la violence », termine-t-il.
Pour la présidente de la CAFO de Talico, il n’est pas question « d’une paix empoisonnée ». Pour elle les plus hautes autorités doivent avoir une toute autre approche.

Bakary Samaté