C’est une question reçu via WhatsApp qui a suscité cet article sur un sujet que je n’avais pas préparé mais qui m’intéresse parce qu’il concerne la gestion du pouvoir en Afrique.

La question était celle-ci : « Coups d’État à répétition au Mali : le problème, ce sont les dirigeants ou bien c’est le peuple ? »

Scène de fraternisation entre militaires et foule (Image Internet)

C’est une question délicate, chaque acte devant être situé dans son contexte. Je pense que le peuple est généralement victime de sa générosité naturelle. Il n’a pas un sens aigu de l’analyse des situations. Il ne connaît rien de la psychologie des personnages qui viennent à lui pour demander sa voix en jouant sur son demi-lettrisme, sa pauvreté, son stoïcisme, sa résilience… Parce que ceux qui viennent au pouvoir connaissent la psychologie sociale de leur peuple, parce qu’ils sont, en général, des manipulateurs, parce qu’ils sont, en général, des opportunistes… Mais là encore, ce n’est qu’un aspect de la question, car il y en a bien d’autres encore, qui méritent d’autres développements.

Je rappelle donc que chaque coup d’État doit être situé dans son contexte. En procédant ainsi, on pourrait reconsidérer notre vocabulaire et dire par exemple que ce qui vient de se passer au Mali, ce n’est pas un coup d’État puisqu’il n’y avait plus d’État en tant que tel au Mali, mais plutôt un COUP D’ÉCLAT des militaires qui ont compris la souffrance et la douleur du peuple, qui ont entendu ses pleurs et ses appels au secours et qui l’ont aidé à mettre fin à son calvaire… En attendant mieux ! Il appartient aux militaires de ne pas perdre de vue le contexte de leur arrivée aux affaires et de savoir partir quand il le faudra.

Moi je veux espérer, peut-être naïvement, que ce coup d’éclat des militaires maliens va inaugurer une nouvelle ère démocratique dans l’Afrique au Sud du Sahara : LE PRINTEMPS SUBSAHARIEN.

Pour que les peuples de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Conakry et de tous les autres pays où des velléités de 3e mandat germent, pour que ces peuples-là dis-je, se réveillent et disent NON À L’IMPOSTURE, À LA MANIPULATION, À L’INTIMIDATION…

Pour que tous les nouveaux dirigeants africains sachent et comprennent que le peuple mouton, le peuple béni oui-oui est mort ! Et que, autant on peut les plébisciter dans les urnes, autant on pourra les huer dans les rues et les chasser du pouvoir comme de vulgaires malfaiteurs.
Cette voix de la rue dont les hommes politiques ne sont fiers que lorsqu’elle les arrange, elle doit désormais compter et constituer un baromètre de la démocratie.

Pour que les organisations syndicales des chefs d’État africains soutenues par leurs parrains occidentaux sachent et comprennent que leurs déclarations intempestives, leurs condamnations absurdes, leurs sanctions illogiques et inhumaines, ne font plus et ne feront plus trembler l’Afrique, celle des peuples, celles des jeunes de la génération consciente et responsable.

Parce que ces organisations qui sont promptes à pondre des communiqués comme pour se convaincre de leur propre existence ne font rien, absolument rien, pour soutenir le peuple, l’aider, l’accompagner, quand il souffre, quand il gémit, quand il crie. Parce que ces organisations corporatistes ne se réveillent que pour sauver l’un des leurs menacé, par solidarité (dans le mal) mais surtout par un réflexe égoïste (dévoyé).

Puisse donc le 18 août 2020, entrer dans l’histoire de l’Afrique comme le jour où une armée, par un coup d’éclat, a décidé d’aider un peuple à mettre fin à un régime de mépris et d’arrogance.

Mais surtout, que cela conduise à une profonde réflexion des intellectuels africains sur l’Afrique (francophone), pour la rupture définitive du cordon ombilical avec la France et pour une nouvelle diplomatie de l’Équité basée sur l’Honneur et la Dignité de l’Homo africanus.

Pourvu que ces militaires, contrairement à beaucoup d’autres avant eux, mettent leur honneur à mériter la confiance du peuple qui a ri, crié de joie et dansé avec eux, de loin ou de près.

Ce n’est que mon avis sur cette question. Moi je ne suis spécialiste de rien. J’ai juste un rêve pour mon continent que j’exprime par des mots.

MINGA S. Siddick Journaliste-écrivain

Sources images : Internet