Shoaib Nasir est un jeune pakistanais très sympa toujours prêt à partager sa passion pour le dessin qu’il a commencé depuis ses 11 ans. Aujourd’hui âgé de 23 ans, il est étudiant en licence d’art dans une université de Karachi (Allama Iqbal Open University) où il apprend aussi l’anglais, les relations publiques et la littérature Urdu [Ndlr : l’Urdu est la langue nationale du Pakistan]. Ce fut un plaisir d’échanger avec lui.

Shoaib Nasir, jeune dessinateur pakistanais

Pourquoi le choix du dessin comme mode d’expression artistique ? Shoaib estime qu’une telle question n’est pas logique vu que, pour lui, « Dieu a doté chacun de nous d’un talent, dans différentes choses ». En dessin, il dit être un autodidacte. « Aujourd’hui encore, je continue d’apprendre. Je ne me considère pas comme un artiste, mais comme un débutant », dit-il avec une certaine fierté.

A la question de savoir ce que l’art représente pour lui, il affirme ceci : « J’utilise l’art pour me divertir mais j’aime aussi pour donner un message lors d’occasions spéciales. »

Pour ce jeune artiste assez doué, chacun a son propre style de langage corporel et de préciser sa pensée quand nous lui demandons ce qu’il pourrait conseiller aux jeunes africains qui voudraient bien faire comme lui : « Je veux dire que tout est différent des autres. N’essayez pas de copier, obtenez simplement les idées des autres et commencez votre propre travail ; vous brillerez un jour. »

Concernant le rapport entre l’art et la religion, Shoaib pense que chacun a ses propres croyances religieuses et qu’il n’est pas facile de changer les opinions religieuses de quelqu’un. « La seule chose qui peut amener les gens à vous suivre, c’est votre comportement avec eux. Si je critique l’art des autres religions, il est clair que les fidèles de cette religion me détesteront mais si je respecte leur travail, ils m’aimeront et me suivront», argumente-t-il.

Son avenir en art, il le voit très lumineux et ne s’en cache pas du tout : « Je vais InshaAllah mettre mes meilleurs efforts dans le domaine de l’art et je prierai Dieu de me bénir dans ce domaine afin que je devienne un grand artiste. De cette façon, mes dessins seront si efficaces pour les gens qu’ils pourront en apprendre de bons messages pendant de longues périodes. Car pour moi, le point principal n’est pas seulement le message, mais plutôt la durée dans le temps de l’influence des oeuvres créées. »

Nous ne pouvions pas terminer cette conversation sans faire allusion à la VOVID-19. En apprenant que cette pandémie a aussi fait des morts au Mali comme dans tous les pays d’Afrique, il semble surpris : « Je ne pensais pas que les symptômes de cette maladie affecteraient beaucoup les habitants des zones chaudes », dit-il en précisant que dans son pays, de nombreuses mesures ont été prises pour prévenir la propagation du virus, parmi lesquelles le confinement.

Au sujet de son dessin ci-dessus, Shoaib Nasir nous dit ceci : « J’ai fait ce dessin pour les musulmans à l’occasion de l’Aïd Ul-Azha [la Tabaski chez nous]. En fait, il n’y a pas de message spécifique, juste pour d’un côté notre amour pour nos animaux, et de l’autre côté notre amour pour Dieu, le Tout-Puissant Allah, pour qui nous sacrifions nos animaux bien-aimés et nos objets de valeur. »

Nous ne pouvons clore cet article sans partager avec vous cette citation de Abdul Sattar Eidhi, un philanthrope pakistanais, à laquelle notre jeune artiste semble bien attaché : «Aucune religion n’est au-dessus de l’humanité.»

Pour mieux faire connaissance avec ce jeune dessinateur pakistanais très généreux, nous vous invitons à visiter la chaîne Youtube de Shoaib et à apprendre à dessiner avec lui.

Propos recueillis par MINGA S. Siddick