La couverture du roman

Son nom signifie « tu es belle ». C’est une splendide guerrière au teint très foncé, aux regard fascinants. Elle appartient à ce corps d’élites qui protège le roi du peuple fon : les Ahouangansi, les femmes meneuses de guerre, « mères » et « protectrices » du royaume Tô. Nous sommes au XVIIème siècle, au Dahomey, l’actuel Bénin. Les combattantes dirigées par la puissante Gan Féla acceptent une mission : chasser les « yovo » de la zone côtière proche d’Agbôhômè, la capitale. Ces ennemis aussi étranges que dangereux ont le visage et le corps enduits de kaolin. Ils attaquent les villages côtiers pendant la nuit avec des armes tonitruantes, mettent le feu et emportent les survivants on ne sait où. Les amazones gagnent les batailles et une fois informés depuis le Portugal, les propriétaires des bateaux négriers sont outrés. Ils tentent une ruse pour s’imposer et reprendre leurs activités lucratives et criminelles.C’est alors qu’elle entre en jeu, notre sublime héroïne. Elle s’appelle Agnonlètè. Remarquée par le roi Arôssou a cause de sa beauté, elle est obligée de fuir pour lui échapper. Elle arrive à Eko, capitale du royaume des yorouba, chez le chef de guerre Anikoulapo.

Dans cette ville qui s’appellera plus tard Lagos, Agnonlètè devient une demoiselle de qualité au même titre que les filles de son hôte et bienfaiteur. Elle devient membre de cette famille. Mais décidément, le mariage n’est pas pour elle. Son projet de vie à elle, c’est de créer une armée féminine et combattre les yovo. Alors, elle entreprend un grand voyage sous escorte avec Kouti, homme de confiance d’ Anikoulapo. Les marcheurs cheminent vers le nord, rencontrent le peuple M’Boum de l’actuel Cameroun, traversent l’Empire Kongo (actuels Cameroun, Congo Brazzaville et Congo Kinshasa). Ils arrivent à Luanda, capitale des deux royaumes fédérés N’Dongo et Matamba. La reine N’Zinga M’Bandé dont l’actuelle République d’Angola continue à honorer la mémoire, les reçoit. Cette souveraine donne à Agnonlètè la responsabilité de former des amazones. En effet, d’autres yovo sévissent sur la côte du N’Dongo, mais ici, on les appelle « moundélé ». Agnonlètè va combattre aux côtés de la reine et la servir fidèlement. L’héritier désigné, N’Gola Kanini devient roi à la mort de sa tante la souveraine. Il maintient Agnonlètè à son poste.

UN MOT SUR L’AUTEUR

Véronique Diarra est une ivoirienne originaire du Burkina Faso et du Congo Brazzaville. Née à Brazzaville, elle grandit à Abidjan. Après un CAPES de lettres modernes, elle devient professeur de français dans un lycée d’état puis dans un lycée international. En novembre 2004, elle se rend en France où elle poursuit sa carrière d’enseignante. Plus tard, elle découvre l’écriture. Actuellement, Véronique Diarra vit en région parisienne avec ses deux filles.

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