Quel parent n’a-t-il jamais souhaité que son enfant entre à l’université, ce niveau d’étude tant convoité et bien prisé.  Mais, au-delà de leurs souhaits de voir leurs enfants à l’université, combien de parents connaissent la voie qui conduit aux amphithéâtres ? Combien y sont allés rien qu’une fois afin de voir ou prendre des nouvelles de leurs enfants qui parfois y logent ? Questions frar*…

Ph. Imgpv/Un Bachelier à Abidjan, roman, 217 pages, Plume Habile Edition, 2018

Je me souviens que, quand j’étais encore gamin, les aînés parlaient de l’université à ravir, en même temps que je me demandais si j’aurais un jour mon baccalauréat pour me retrouver dans cet univers cité comme le plus haut lieu du savoir qui semblait tant séparé de notre pays ! Mais en même temps, j’avais de l’espoir et je me donnais tous les moyens pour y entrer. Puis, un jour, j’eus mon Bac ; c’était en 2014. Ce fut le boom !!!
Bon venons-en à notre roman du jour de peur que je ne sois confondu avec le personnage principal de cette belle œuvre dénonciatrice des maux de l’école ivoirienne, qui justifie cette nouvelle chronique.

Qui est l’auteur de cette œuvre ?

Né le 26 décembre 1984 dans le Gôh,  Ekazan Enan Valentin obtient un baccalauréat série  D au lycée moderne de Gagnoa et est orienté à l’Institut des Sciences  Anthropologiques  de Développement ( ISAD) à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody à Abidjan.Passionné des Belles Lettres depuis sa tendre enfance, il intègre l’École des Poètes à l’Institut Goethe de Cocody. Se découvrant un talent d’écrivain, il est encouragé à déposer par la suite son tapuscrit aux Editions Plume Habile en 2016. Son livre  Un Bachelier à Abidjan,  un roman de 217 pages voit  le jour dans le deuxième trimestre de l’année 2018.

De quoi parle cette œuvre ?

Amani, après un échec lamentable au bac, vient une fois de plus de se présenter aux rudes épreuves, et déjà le jour fatidique de la proclamation des résultats approche. Il ne dort plus et de multiples pensées trottinent dans sa tête ; il fait même des rêves étranges. 
« Dans cette chambre où j’avais élu résidence, cette nuit-là, j’étais pris de panique : je tournais dans toute la pièce sans savoir ce que je voulais exactement…  Le vent léger de cette nuit calme emporta mon imagination. Je me retrouvais à présent dans cet établissement où se déroulaient allègrement la proclamation des résultats.» Pages 15-16  
« Après l’obtention du bac, je fus très  profondément envahi par un sentiment de joie immense. Le baccalauréat était à ce jour une réalité tangible pour moi. .. Aujourd’hui, je pars pour la capitale économique, Abidjan, mon bac en poche. A dire vrai, je connaissais très peu cette ville. » Page 43-59
Amani le bachelier part donc pour la grande capitale ivoirienne, animé d’une joie énorme. Il ignore donc tout ce qui l’y attend. Comme pour faire son « baptême » et lui dire qu’Abidjan est « dur », il  est agressé par des bandits à Adjamé. Il se retrouve dépouillé de tout et ne doit son salut qu’à une mendiante qui lui offre un billet de 1000 francs pour son transport.
Une fois à l’université, le jeune étudiant se rend compte que la vie de cet autre univers n’a rien de l’idée qu’il s’en faisait.
« En foulant le sol  du campus pour la première fois, je fus fasciné par cet endroit assez grand. Je réalisai tout de suite que cet endroit n’avait rien à avoir avec le lycée… Le campus grouillait d’étudiants… La vie à Abidjan n’avait rien à voir avec la vie à l’intérieur du pays où on menait paisiblement une vie de prince.»Page 72, 79  
Entre grèves estudiantines, déceptions amoureuses, l’étudiant réussira à se frayer un chemin jusqu’à prendre pour  épouse Gertrude sa meilleure amie d’enfance qui, elle aussi, prise par le rêve de l’Eldorado européen,  le trahira comme Marie-Dominique son premier et grand amour, en abandonnant leur petite fille pour un homme rencontré sur Internet.Ce roman de 217 pages donne des leçons de vie, bien sûr en passant par les problèmes scolaires et universitaires, en dénonçant au passage l’amour du gain facile, la prostitution, les grossesses en milieu scolaire, etc.
C’est donc avec une grande force que ce premier roman place Ekazan sur le piédestal des plumes engagées.

*Questions frar : Questions auxquelles on ne peut répondre. 

Crépy Kony
Correspondant de Rue223.com
à Abidjan