Au-delà des barrières est l’œuvre que nous vous présentons cette semaine. Composé de quatre récits, ce livre nous renvoie les multiples facettes de notre société. Mais d’abord, un mot sur son auteur.

Jeune artiste polyvalent pétri de talent, Tidiss KONE est aussi un passionné des Belles Lettres. Si aujourd’hui l’on peut soutenir que ce jeune hyperactif de la culture est l’une des plus belles plumes du Grand Nord, il serait bien de rappeler aussi certaines de ses activités.

20181019_160651_rmedited.jpg
Ph. Internet/Tidiss Sidiki Koné, l’auteur du livre AU-DELÀ DES BARRIÈRES

Après avoir formé une troupe théâtrale en 2012 avec le soutien de son amie Pauline Deconny, il crée sa première pièce de théâtre dans une école privée, mettant en scène
On se chamaille pour un siège du célèbre écrivain ivoirien Hyacinthe Kakou. Le succès de cette première sortie va pousser Tidiss à rêver plus grand en cherchant à publier son manuscrit intitulé L’autre face. Le refus de l’éditeur contacté à l’époque ne le désarme pas. Il va se présente avec sa troupe à un concours extra-scolaire dont le thème portait sur la scolarisation de la jeune fille. La troupe se qualifie à Daloa où se tenaient les phases finales du Festival National des Arts et Culture en Milieu Scolaire (FENACMIS). Depuis, il enchaînera les trophées : médaille de bronze en 2015 au festival national Vacances Culture, puis la médaille d’argent en 2016, au même festival. Il est actuellement en formation bivalente en CAP/PC, Lettres Modernes-EDHC après le succès en 2016 au concours d’entrée à l’ENS.

De quoi parle donc de ce livre Au-delà des barrières ?
Pendant que, d’un côté, certaines personnes se créent des barrières psychologiques, de l’autre, il y a des croyances qui créent des barrières entre religions ou entre ethnies. Pour briser ces barrières, le fils de la région Zégbao vient meubler ses récits de plusieurs genres littéraires tels que la poésie, le chant, les proverbes (surtout de la langue malinké). Ainsi, à travers une œuvre polyphonique dense et chargée d’intenses émotions, l’auteur lève le voile sur un coin de la liberté intellectuelle, nous entraînant dans les dédales des couloirs interdits mais ô combien euphorisants des normes de la rédaction.

En parcourant ce livre de 77 pages, chacun peut s’y reconnaître : parents, enfants, hommes politiques, religieux… Car il s’agit bien du miroir de notre société que Tidiss nous présente, afin que nous puissions voir la grosseur des taches de notre vie pour les corriger. L’auteur fouette par ses mots, ses histoires, la causticité de sa plume, notre conscience, pour la réveiller, en nous faisant comprendre, en filigrane, que, finalement, l’Afrique et partant la Côte d’Ivoire, gagnerait à se souder pour être plus forte.

Un petit parcours des récits de ce livre…

Point 1 : Voies du salut
Ayéto Bihady est un jeune sénoufo qui ne cherche qu’à construire sa vie, travaillant jour et nuit pour un futur meilleur. Quand l’amour se dresse sur son chemin, des obstacles inouïs surgissent alors : Imelda qu’il fréquente depuis peu se trouve être une fille d’Odienné et, dans leur tradition, toute union entre Odiennéka et Sénoufo est interdite. Face à cette découverte, les deux amoureux affronteront ensemble la tradition. De l’union naîtra un petit métis nommé Nakan, (né pour unir).

Point 2 : Générations Arc-en-ciel
Kowfi Sandra, une Abouré-N’zima est affectée à Djiguisso, une petite ville de la Côte d’Ivoire, en tant que secrétaire juridique à la sous-préfecture. Malgré ses bonnes intentions envers les habitants de Djiguisso, elle en verra des vertes et pas mûres, mais ne se laissera pas décourager. Kowfi Sandra, sociable et aimable, prendra le taureau par les cornes jusqu’à régler les situations même les plus délicates. Elle exposera ses idées de conciliation dans le but d’instaurer l’entente entre les habitants de Djiguisso, par le sport. Et elle atteindra son but.

Point 3 : Au-delà des barrières
Abdoul Malick est un jeune homme de 25 ans. Sa vie est semblable à celle de plusieurs autres jeunes de son âge. Succès, échecs, pauvreté, pleurs, déception, sont au cœur de son existence. Chaque rêve qu’il essaye de construire, petite brique après petite brique, s’effondre. Alors qu’il s’attendait à une carrière de footballeur international, son rêve se brise quand son équipe perd la finale d’un tournoi. Malade et transporté au dispensaire, son père a du mal à trouver la somme de 3 000 FCFA pour les soins. Et quand le père arrive à avoir cette somme, le jeune sort de l’hôpital avec une jambe paralysée, après une injection. A l’université, c’est la galère et les moqueries. Alors, il abandonne les études. Cependant, resté déterminé, Abdoul Malick va transcender toutes sortes de difficultés, sans jamais s’arrêter. Il finira par relever le défi. Ainsi, au-delà des barrières, il trouvera le succès.

Point 4 : Sran-Bawa, l’enfant de tous ou la grande Sonia
Quand Sonia Kwamé, officier-commandant de la gendarmerie, est affectée dans la petite vile de Tama, au nord-est du pays, tous ont peur qu’une femme vienne bouleverser les conditions de vie habituelles. Chacun est sur sa garde. Certains jurent que jamais une femme ne les commandera, car pour eux, la femme c’est pour faire des enfants et s’occuper de son homme. Mais Sonia par son humilité et son intégrité, finira par s’imposer comme le porte-voix d’une noble révolution mentale, à travers des actions sociales qu’elle mènera pour le bien-être de la population locale.

Au-delà des barrières, voilà un beau chant d’espoir polyphonique entonné avec maestria par Tidiss Koné et qui doit être repris en choeur par tous. Bravo l’artiste, et vivement la suite !

                                                                Crépy Kony
Correspondant Rue223.com (Abidjan)