Le Coq français gère bien la basse-cour !

Les 11 et 12 octobre derniers, s’est tenu à Erevan, en Arménie, le 17ème Somment de la Francophonie. Bien évidemment en présence de la plupart des chefs d’Etat ou de gouvernement des 84 pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

A cette occasion, l’organisation devait procéder à une élection qui, soit confirmerait la Canadienne Michaëlle Jean, candidate à sa propre succession, soit connaîtrait un nouveau Secrétaire général, en la personne de la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

Aujourd’hui, tout le monde sait que c’est bien la Rwandaise qui vient de prendre ce poste. Il y a eu élection. Bien sûr. Comme d’habitude quand il le faut pour camoufler des camouflets à infliger à des  »indésirables » à chasser de l’arène. Pour une raison ou pour une autre. Mais une raison qui demeure celle du Maître ! En l’occurrence, la France. Avec un Macron qui porte de façon ostentatoire le macaron du Maître. Devant nos chefs d’Etat repus, aux ventres bedonnants,  souvent mal à l’aise dans leurs embonpoints maladifs, inconscients des souffrances laissées à la maison, s’amusant comme dans des poussins dans une basse-cour dont le seul patron est le Coq français. Un certain Macron. Fils, petit-fils ou arrière-petit-fils de certains des poussins.

Bref ! Oui, on a voté pour nommer la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie. Parce que la France y gagne par rapport à des dossiers noirs et parce que le régime de Paul Kagamé lui aussi y gagne par rapport à d’autres dossiers noirs.

Sinon, comment expliquer logiquement le choix d’une candidate d’un pays qui a ouvertement lancé une offensive contre la France et le français et où l’Institut français est détruit depuis des années ? Parce que, en 2008, le Rwanda a renoncé à la langue française comme langue officielle au profit de l’anglais ? Un pays qui a une lecture atypique et personnalisée de la démocratie et de l’alternance et dont le président, Paul Kagamé, après le changement de la Constitution de 2015, pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2034 ? Comment donc expliquer tout cela pour faire comprendre cette imposition de la Rwandaise à la tête d’une organisation qui est censée promouvoir la Démocratie et les Droits de l’Homme ? Pourquoi avoir étouffé dans l’oeuf  toutes les autres candidatures ? On comprend bien, qu’il y avait en dessous  »tous ces petits arrangements entre pays » dont parle Michaëlle Jean. Elle n’est pas sans reproche, la Canadienne. Elle aussi est certainement arrivée là grâce à d’autres  »petits arrangements ». Elle n’a pas toujours défendu comme il fallait la démocratie et l’égalité des chances, même si son projet  »Vivre ensemble » a eu de très larges échos et a beaucoup inspiré sur les plans littéraire et artistique. Juste pour dire qu’elle n’aurait pas dû être débarquée de cette façon inélégante. Au nom de cette fameuse  »realpolitik » qui laisse derrière elle l’odeur pestilentielle d’une sale compromission orchestrée par Macron. Je n’ai rien contre l’Africaine Louise. C’est certainement une femme intelligente, une femme de conviction,  une femme d’action et de poigne. Mais je me demande ce qu’elle peut faire, en dehors des points d’arrangements qui ne concernent que la France et le Rwanda, pour redorer le blason de la Démocratie sur le continent africain  et dans l’espace francophone mondial. Voilà pourquoi je pense qu’il aurait été plus sage de laisser s’exprimer plusieurs candidatures et laisser chaque chef d’Etat faire le choix de son choix !

Honnêtement, je me pose vraiment cette question : jeter la semence de la FRANCOPHONIE dans une terre où se cultive la FRANCOPHOBIE, n’est-ce pas de la FRANCOFOLIE ?

Mais le vin est tiré, il faut le boire. Et qu’on se le tienne bien pour dit : la fin annoncée de la Françafrique n’est pas pour demain. D’ailleurs, avec cette Francophonie cacophonique,  nous voici bien dans la Françafricanie macronienne !

MINGA S. Siddick

P.-S. : Very important ! Moins de 24 heures après la nomination de Louise Mushikiwabo à la tête de la Francophonie, le Parquet français demande un non-lieu contre sept dignitaires du régime rwandais qui auraient été impliqués dans l’attentat du 6 avril 1994, contre l’avion de Juvénal Habyarimana, celui dont la mort a permis à la rébellion dirigée par Paul Kagamé de prendre le pouvoir le 24 mars 2000, après une transition assurée par Pasteur Bizimungu et entaché par le génocide.

Mais il paraît que cette demande de  »non-lieu » est une simple coïncidence. Just a coincidence ! OK ?

Ph. Internet/Louise Mushikiwabo, la nouvelle patronne de l’OIF