Nous nous intéressons dans la présente édition de notre chronique littéraire à une autre jeune plume dont l’écriture promet : Yves Arsène Kouakou. Comment le présenter ? Disons tout simplement que notre auteur, titulaire d’un BTS en ressources humaines et communications, fait partie des jeunes leaders ivoiriens pleins de talent qui, en plus d’avoir participé à des nombreuses activités littéraires comme le Festival de la création poétique chez les jeunes dont il est le président et Meeting international du livre et des arts associés est aussi le directeur de GNK Editions dont il est le promoteur. « Des larmes et des palmes » est sa toute première production écrite qui vient confirmer sa passion et valoriser ses activités littéraires.

Ph. Imgpv/Des larmes et des palmes, roman,168 pages, Gnk édition, Abidjan 2017

Médard Akagni est le fruit d’une relation rancunière. C’est pourquoi malgré ses attributs féminins, sa mère lui donne le nom et le prénom de l’homme qui l’a mise enceinte et l’a laissée seule. Durant toute son enfance, Médard devra subir la haine que sa mère ressent pour son père inconnu. Alors qu’elle a dix ans, la mort emporte sa mère. N’ayant aucune autre famille, elle se réfugie dans la rue et avec trois jeunes garçons, ils forment leur gang : La Méthane Band. C’est alors qu’elle prend le pseudonyme de Castro afin de pouvoir réellement intégrer ce groupe de jeunes garçons et se chercher une identité. Pendant six années, Médard devra vivre dans la rue jusqu’à ce qu’elle soit acceptée comme nounou dans une famille à Marcory Zone 4. Sa perpétuelle quête d’identité va la pousser à abandonner le pseudo de Castro pour s’appeler Madonna, comme pour se convaincre de ses réels attributs féminins.
Fatiguée de ce travail, elle décide à quarante-deux ans de postuler en tant que technicienne de surface à Emotions Communications, une prestigieuse entreprise. C’est alors qu’elle rencontre Marc-Evrard Dujarriac, le directeur général de ladite entreprise. Un amour naît entre le patron et son employée qui a dix ans de plus que lui. Face aux préjugés, aux médias, à la jalousie des employées de l’entreprise, à la méchanceté de sa belle-mère et à Marie Thérèse l’ex-petite amie de Marc-Evrard, Médard Akagni réussira à se faire mettre la bague au doigt. Mais son bonheur ne sera que de courte durée. Le lendemain de leurs noces, Marc-Evrard est assassiné. Présumée coupable de ce meurtre, Médard est jugée et condamnée à vingt années de prison. Quelques mois après, elle met au monde des jumeaux qui par la suite sont kidnappés en France. Malgré les recherches, la police ne trouve aucune piste. C’est alors que Médard fait la rencontre du pasteur Médard Akagni, son homonyme qui lui redonnera confiance en elle et foi en Dieu, mais quand celle-ci apprend que le pasteur est son véritable père, elle cesse de le voir et de se rendre à ses messes.
Dix-huit ans plus tard, quand Médard Akagni épouse Dujarriac sort de prison. Elle n’a qu’une chose en tête : retrouver ses enfants.
Sa surprise sera plus grande quand elle les retrouvera auprès de Marie-Thérèse et de Compovilla, son meilleur ami de La Méthane Band avec qui elle est restée en de bons termes et qui avait joué pour elle le rôle de père le jour de son mariage. Un ami qui passera pour son ennemi.
Heureuse d’avoir retrouvé ses enfants, elle essaie de profiter au maximum le peu de temps qui lui reste en réalisant son rêve d’enfance : ouvrir un restaurant.
Médard réussira à faire la paix avec elle-même, d’avec son père et trouvera même dans sa vieillesse un amour inattendu.
Extraits choisis pour vous : « Comment raconter ? Quels mots pour introduire ? Si on me l’avait prédit j’en aurais ri comme la nonagénaire Sara. J’étais un être à part et j’avais cru que la vie me mettrait à l’écart. Et pourtant…» (Page13, Chapitre I)
« A soixante-trois ans, je voyais les rayons du soleil darder au bout du tunnel. Enfin ! » (Page 168, Chapitre XI)

Crépy Kony
Correspondant Rue223.com (Abidjan)