Né à Rennes (France) en 1950, Jean-Pierre Tardivel y débute sa scolarité avant d’obtenir son baccalauréat littéraire qui le conduira d’abord dans une école de dessin publicitaire (l’Académie Charpentier à Paris), puis dans un institut d’audiovisuel. Auteur de quelques romans policiers, Jean-Pierre s’est fait connaître sur la scène littéraire ivoirienne avec une autre oeuvre romanesque dont les intrigues qui se déroulent en Côte d’Ivoire nous plongent dans un univers cinématographique : « Tchat sous un toit brûlant ». C’est donc ce livre profond que nous allons vous inviter à découvrir ici…

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Ph. imgpv/Tchat sous un toit brûlant, roman, Editions NEI, 2012, 359 pages

Elève en classe de terminale, Paterne correspond depuis quelque temps avec un Blanc qui lui fait part de son intention d’arriver à Abidjan. Pris au dépourvu, le jeune brouteur habituellement fier de ses manigances se confie à des amis. Ces derniers font appel à un très beau jeune, Vandy, assez ‘’branché’’ pour bien gérer le Blanc nommé André Lagneau dont la personnalité est insaisissable. Nul ne connaît ses motivations derrière cette décision de revenir à Abidjan après des années d’absence. Pas même Vandy son amant qui n’est pas sans crainte mais qui se sent de plus en plus lié à André et qui veut bien se donner le temps de le cerner.

Au même moment, Fini Cissé, ex-petit lieutenant de la rébellion de 2002-2004 en Côte d’Ivoire, est retrouvé mort dans un hôtel à Marcory. C’est alors que le commissaire Bomba fait appel à Tiburce, détective privé et à son adjoint Marcel, travaillant à Abidjan, pour enquêter sur ce meurtre étrange. Au cours de l’enquête, Abdoulaye Sissoko, minier, est aussi retrouvé mort au fond d’un puits à Odienné. Ces meurtres se font de plus en plus violents et on a l’impression d’avoir affaire à un justicier. C’est alors que Tiburce fait appel à Sosthène de Mérignac, son ami et détective français. D’autres meurtres suivent, à Abidjan, à Grand-Bassam, à Bouaké…

Seul indice : un appel téléphonique provenant d’une carte SIM appartenant au correspondant de Paterne, André Lagneau. Ainsi, les enquêtes vont conduire des détectives privés vers des jeunes gens, à la fois élèves et cybercriminels. Mais peut-on se fier à des « preuves » qui défient toute logique ?

Comme pour aider à comprendre la dimension absurde des crimes commis, l’auteur propose, à la page 350, une pensée de Voltaire qui est une curieuse invitation : « Ruinez qui pourrait un jour vous ruiner ; assassinez votre voisin qui pourrait devenir assez fort pour vous tuer. » Tchat sous un toit brûlant est une oeuvre passionnante où la force de l’imagination met en exergue le réalisme flagrant des scènes.

Crépy Kony
Correspondant à Abidjan