Le samedi 05 mai dernier, le lycée Toubacoro Alhassane Doucouré de Kougnoumani-Dialakorodji recevait l’écrivain MINGA S. Siddick, après Ba Fanta Coulibaly et Toubacoro Alhassane Doucouré d’Hippodrome, dans le cadre d’un café littéraire.

Ph. Mamadou Ouattara/rue223 – Les élèves très attentifs aux propos de l’auteur.

Les élèves de M. Harouna Guindo, le censeur et Abdoulaye Konaré, le surveillant général, ont répondu très nombreux à l’appel de leur direction pour participer à cet important événement littéraire qui était le premier du genre organisé par l’école.

L’auteur de  »La Femme de Dieu » après un exposé introductif qui a permis de situer le contexte de l’écriture et la démarche adoptée, a une fois de plus fait face cette question désormais traditionnelle :  »Pourquoi intituler un roman la femme de Dieu, sachant qu’il n’est pas permis de comparer Dieu à un homme, Lui le Créateur qui ne peut avoir ni femme ni enfant ? » Mais, comme d’habitude, l’auteur, imperturbable, a réagi avec sa sérénité naturelle, allant parfois jusqu’à caricaturer la caricature du titre de son livre :  »Ce n’est pas moi qui blasphème en intitulant mon livre La femme de Dieu. Ce sont toutes les personnes à l’esprit étroit qui, en lisant ce titre, donne un sexe à Dieu et s’émeuvent, comme si elles étaient sûres que Dieu était une femme, puisqu’elles semblent accepter l’homme de Dieu, mais pas la femme de Dieu. Pourquoi peut-on librement appeler  »homme de Dieu » tout homme qui voue sa vie à Dieu, se consacre à Lui, et être condamné en parlant de la  »femme de Dieu » qui peut signifier une femme qui voue sa vie à Dieu, se consacre à Lui ? Il y a certainement un problème quelque part et ce n’est pas de mon côté qu’il faut chercher ce problème. » Voilà la réponse à la première question de ce café littéraire auquel les élèves ont participé de façon très active se permettant toutes les questions.

Ph. Mamadou Ouattara/rue223 – Un élève posant une question.

Par exemple, citant un passage du livre dans lequel l’auteur a fait dire à un personnage qu’ »il n’y a pas une oeuvre qui ne porte en elle une parcelle de la vie de son auteur », un élève a demandé à l’invité du jour si la scène de la rencontre de Lwanty et Maïkan, dans un car, au cours d’un voyage était une histoire vécue et ajoutant avec un peu de malice :  »Si c’est le cas, alors vous êtes un grand romantique et vous pourriez nous apprendre comment on peut draguer ! » Une question fort applaudie à laquelle l’auteur a répondu avec le sourire :  »Oui, cette scène, je l’ai vécue mais seulement en partie, car ma relation n’est pas allée jusqu’à une histoire d’amour. Pour ce qui est de la drague, je ne suis pas sûr de pouvoir l’enseigner et je ne sais pas si je suis aussi romantique dans la vraie vie. Vous pourriez toutefois demander à mon épouse… »

Au fil du jeu des questions-réponses, on sentait la fascination qu’exerçait sur les élèves, l’histoire atypique de ce roman dont ils avaient reçu des extraits à lire près de deux mois à l’avance pour préparer ce café littéraire.

Ph. Mamadou Ouattara/rue223 – M. Harouna Guindo, le censeur présentant le livre aux élèves.

On sentait aussi une certaine empathie pour certains personnages du livre et plusieurs pensées de l’auteur sur l’amour, la situation chaotique du monde, la foi et bien d’autres sujets, ont fait l’objet de questions très pointues posées aussi bien par des élèves de classes de 10e Année que par des élèves de classes de 11e ou de Terminale, toutes séries confondues.

Quand M. Harouna Guindo a annoncé la fin du café littéraire, nombreux furent les élèves déçus car, plus l’auteur répondait aux questions, plus les élèves avaient envie d’aller encore plus loin dans la compréhension et du livre et de la technique d’écriture de MINGA S. Siddick qui, à en croire les propos entendus ici et là, aurait suscité des vocations, même parmi des élèves dits  »scientifiques ».

Ce café littéraire, aux dires de l’auteur lui-même, restera parmi les meilleurs de sa vie.

 

Louis Keïta