A l’instar de la communauté internationale, le Mali a célébré la 25ème  journée mondiale de la liberté de la presse autour du thème :  »Responsabilité de la presse pour des élections apaisées dans un contexte de crise ». La cérémonie de lancement s’est déroulée ce jeudi 03 mai 2018 à la maison de la presse, en présence de plusieurs acteurs de la presse au Mali.

Ph. RSF/Situation de la presse dans le monde

Dans de nombreux pays, la liberté d’expression reste toujours un rêve difficile à réaliser pour les journalistes considérés, à tort ou à raison, comme les tenants du 4ème pouvoir. Ainsi, sous des régimes despotiques, monarchiques ou même soi-disant démocratiques, les journalistes restent très vulnérables, parce que souvent persécutés dans l’exercice de leur métier. Pour cette 25e édition, les autorités et les hommes de médias ont décidé d’accentuer les efforts sur la responsabilité des

Ph. RSF/Légende de la carte sur la situation de la presse dans le monde

journalistes en période électorale, vu l’actualité de notre pays.

Pour le ministre de l’Économie numérique et de la Communication, M. Arouna Touré, le rôle de la presse est prépondérant pour des élections apaisées et transparentes. C’est pourquoi il a remercié tous les initiateurs et partenaires de l’événement, pour le choix d’un thème si important au regard de la situation actuelle du pays. Le ministre a aussi révélé quelques avancées dans le domaine de la presse malienne. Il s’agit entre autres de la mise en circulation de la nouvelle carte de presse nationale ; de la relecture de la loi spéciale sur le régime de la presse et du délit de presse qui consiste à faire la dépénalisation une réalité de façon professionnelle.

Le ministre n’a pas manqué de faire allusion au dernier classement de Reporters Sans Frontières selon lequel le Mali est 115e sur les 180 pays recensés. Pour lui, cela est dû à la bonne volonté des plus hautes autorités qui espèrent plus d’amélioration dans le traitement des professionnels de la communication, ce qui justifie, toujours selon le ministre, la mise en place de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui travaille pour garantir la liberté de presse. Pour maintenir cette dynamique, un Comité Éthique et Déontologie des Pairs sera mis sur pied et sera composé de journalistes qualifiés qui vont juger leurs collègues, question de laver le linge sale en famille.

Vu que la liberté de la presse reste un long processus qui exige de multiples sacrifices, on déplore de nombreuses exactions et menaces dont sont victimes les hommes de média au quotidien. Durant trois jours, des conférences-débats sur les enjeux et les perspectives sur la liberté d’expression seront animées par d’éminents experts dans le domaine.

Alors, en rappelant ce rang de 115e du Mali sur 180 en 2018, contre 116e en 2017, on peut dire que c’est dur, dur, mais on ne peut pas dire qu’on n’a pas fait un pas en avant !

Adama TRAORÉ