Dans le cadre de ses activités culturelles et sportives, le lycée Ba Fanta Coulibaly de Djélibougou a invité l’écrivain ivoirien Minga S. Siddick pour animer une conférence sur le thème ‘’La littérature africaine, des années 1990 à nos jours’’.

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Ph. Mamadou Ouattara (Rue223)/Un public conquis par l’orateur Minga S. Siddick

Ils étaient nombreux les élèves qui ont répondu à l’appel de leur direction. Après le censeur qui a présenté le contexte de l’événement et la directrice qui a adressé un mot de bienvenue au conférencier, aux élèves et aux enseignants présents, c’est le Vice-président de l’association culturelle EDS chargé des Activités, M. Mohamed Chérif Coulibaly,  qui a donné le ton de la conférence par une brillante présentation du grand hôte du jour.
Le conférencier a alors pris la parole pour faire découvrir à son auditoire l’évolution de la littérature africaine. Avant d’aborder son thème basé sur la littérature de 1990 à aujourd’hui, l’écrivain-journaliste indépendant d’origine ivoirienne résidant au Mali depuis 2002, a fait un flash-back savant sur l’époque des chantres de la Négritude dont le rôle, a-t-il dit, ‘’consistait à rejeter le rejet du Blanc en lui exposant les valeurs et les compétences de l’Afrique et à amener l’homme noir à reprendre confiance en lui-même pour s’émanciper de la tutelle méprisante des colons’’. M. Minga S. Siddick ajoutera que la période de désenchantement qui a suivi les indépendances et qui a été animée par des auteurs comme le Malien Yambo Ouologuem, le guinéen Tierno Monénembo, l’Ivoirien Amadou Kourouma et bien d’autres encore, s’est prolongée au-delà des années 1990 avec des livres très virulents tels que En attendant le vote des bêtes sauvages d’Amadou Kourouma, Riwan ou le chemin de sable de Ken Bugul, etc.

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Ph. Mamadou Ouattara (Rue223)/La directrice du lycée Ba Fanta Coulibaly

Le conférencier a aussi parlé de la double crise dont souffre la société actuelle et qui inspire les nouveaux auteurs du continent africain : ‘’Il y a d’abord la crise de conscience qui éloigne de plus en plus les hommes de leurs devoirs ou des rôles qu’ils doivent jouer ; puis il y a la crise de confiance qui fait que parents et enfants, dirigeants et peuples, enseignants et apprenants, plus personne ne se fait plus confiance’’, a martelé M. Minga. Il en a profité pour inviter les jeunes élèves à s’adonner à la lecture, en répétant plusieurs fois que, ‘’si écrire s’est construire, lire c’est se construire’’. Répondant à la question d’une jeune élève qui voulait savoir comment pouvaient être gérées les crises dont l’auteur a parlé, ce dernier a répondu sans ambages que ces crises sont des produits de l’ignorance et que la jeunesse doit de plus en plus savoir qu’elle est le futur et le pilier de l’Afrique.

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Ph. Mamadou Ouattara (Rue223)/Le censeur du lycée

En des termes forts, il a notamment demandé à la jeunesse de s’affranchir des plaisirs faciles, des grins de thé où ils ne racontent que des futilités : ‘’Si vous vous complaisez dans cette appellation de génération Facebook qui souligne votre déconnexion des vrais sujets de la vie, rien ne sera fait. Mais si vous vous réveillez et prenez vos vies en mains, les choses changeront en votre faveur’’, a-t-il dit, avant d’ajouter : ‘’Mais, ne vous y trompez pas ! La jeunesse ne peut se construire que par la lecture, car la lecture ouvre votre esprit et vous ouvre des portes.’’

La directrice du lycée, Mme Traoré Korotoumou Konfé, très heureuse, a expliqué à ses élèves que son école est toujours prête à leur offrir toutes les opportunités, à travers des activités extrascolaires de ce genre, qui peuvent les aider à être des citoyens accomplis et responsables.

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Ph. Mamadou Ouattara (Rue223)/M. Mohamed Chérif Coulibaly, vice-président EDS

Quant à M. Mady Cissé, le censeur, il a expliqué  que le choix porté sur M. Minga S. Siddick est dû au fait que son lycée, très intéressé par les belles initiatives culturelles de l’association Écritures des Suds, a décidé de nouer avec cette dernière une solide relation de partenariat et que, pour cela, inviter le président de cette association dont il connaît les compétences en matière de littérature, est une façon de poser les jalons de ce partenariat.

Cette conférence a pris fin avec une séance très animée de questions-réponses, après la lecture par l’écrivain, d’un extrait de son roman intitulé La femme de Dieu, paru en 2015, aux Editions La Sahélienne. L’activité qui coïncide avec la célébration des dix ans de la Rentrée littéraire du Mali vient comme une belle contribution de l’auteur ivoirien à la ferveur littéraire ambiante à Bamako.

Maméry Diakité, Rue233.com