En moins de trois ans, des personnalités respectables, dans les coulisses du Pouvoir ou liées au pouvoir, ont abattu froidement leurs épouses. On parle de crimes passionnels. Comme si cette qualification à elle seule suffisait pour justifier la monstruosité de ceux qui commettent ces actes !

standardiste2
Ph. Internet/A gauche sieur Fall, le bourreau et à droite dame Kamissa, la victime froidement abattue dans le véhicule qui les conduisait à un mariage

Ainsi, le  05 février 2015, c’était Mariam Diallo, secrétaire particulière du Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme et fille d’un ancien ministre de la République, qui était poignardée à mort (quarante coups, dit-on) par son époux, sieur Soumaïla Dicko. C’était au domicile conjugal, dans un quartier huppé de la capitale malienne. Puis, ce fut le tour de Maïmouna Sissoko dite Kamissa, tuée par balle par son époux, sieur Aboubacar Fall Guèye, présenté comme  »un cousin direct » de l’ex-président de la Transition Dioncounda Traoré, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2016. C’était d’ailleurs au mariage de la fille de ce dernier que ce couple se rendait quand l’homme a commis son forfait, dans la voiture.

Aujourd’hui, on parle de Fanta Sékou Fofana, 27 ans, standardiste de la présidence du Mali, fille d’un conseiller spécial du président de la République, tuée par son mari, lui-même employé de la présidence, la nuit du jeudi au vendredi 29 décembre 2017, dans son bureau. 

Que cette dernière soit morte par balle, par étranglement ou par séquestration, elle est morte et cela impose une réflexion sur le machisme criminel rampant dans le pays. Pourquoi les hommes sont-ils si violents avec les femmes ? La jalousie à elle seule suffit-elle pour expliquer ces actes odieux  quand on sait que bien d’autres moyens non violents existent pour manifester son mécontentement, son indignation ou son ras-le-bol ? Le rang social d’un homme ou ses relations peuvent-elles justifier sa bestialité, sa monstruosité ? Que de questions ?

Le 30 janvier 2016, quelques jours après l’assassinat de Kamissa, une grande marche avait été organisée par le mouvement Halte aux Violences Conjugales et, dans une déclaration, les femmes avaient demandé au gouvernement malien de faire de la journée du 05 février (jour d’assassinat de Mariam) une journée nationale de lutte contre les violences conjugales.

Avec cet autre crime, nul doute que les débats seront encore relancés sur la vulnérabilité des femmes face aux hommes insensés. Et il est à espérer que tout sera mis en oeuvre pour éradiquer cette nouvelle forme de criminalité passionnelle en col blanc.

Louis Kéita