« The show must go on », pourrait dire Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat est en tournée en Afrique, du mardi 28 au jeudi 30 novembre. En tournée, c’est le mot exact. Afrique vient d' »Africa », qui signifie « le vent pluvieux », d' »Afridi », une tribu du nord du continent ou encore d’ »Afar », qui veut dire « poussière ».

Devant 800 étudiants, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, il avait tout prévu : la gestuelle, le mot choisi, le message à faire passer. Le tout compilé sur un seul CD. On pourra peut-être le trouver à la Fnac et se le repasser à Noël, en famille, si on s’embête par exemple.

Un véritable show du début à la fin

Au Burkina Faso, à la tribune, Emmanuel Macron a démarré fort : il n’y a plus de Françafrique, cette pratique est morte. Puis, il a habilement poursuivi avec le « prenez-vous en main, après tout, vous êtes une démocratie. Choisissez votre destin. » À côté de lui, il y avait le président burkinabé. Il était assis sur une sorte de trône – vous savez, ces énormes fauteuils plein de dorures, trône typiquement dictatorial. Emmanuel Macron, porté par une foule de jeunes, qui boivent ses paroles, poursuit avec des « mais si vous voulez la disparition du franc CFA, mais demandez le à votre président ! Il est là ! » Quelle scène, quel show.

Ce n’est pas fini. Place aux questions des étudiants. L’un d’eux évoque l’or burkinabé, qui serait caché en France. Réponse d’Emmanuel Macron, sourire aux lèvres : « Si vous savez où est l’or est caché dans Paris, dites-le moi surtout ! » Rires dans la salle, qu’il a déjà bien chauffée. Il poursuit : « Je n’ai peur de rien, pas de tabou, n’ayez pas d’obsessions… N’ayez pas une approche post-colonialiste ! Tout le monde va se calmer, moi je n’utilise pas l’or du Burkina Faso, il n’est pas chez moi, il est chez vous ! » Il répète : « Votre or, il est chez vous ! » Puis, il alterne, grand show / prof d’économie : « Vous devriez avoir une banque pour avoir de la crédibilité ! Je vous le conseille », lance t-il.

Une étudiante prend la parole et parle de l’assassinat de Thomas Sankara – l’ancien président du Burkina Faso – et des Compaoré. Elle parle de la gouvernance Touma Touma et Mouta Mouta. Macron jubile : « C’est quoi Touma Touma et Mouta Mouta ? » Réponse : « Mouta, c’est les pratiques malsaines et Touma, c’est un terme local, c’est le travail. » « Je ne serai pas Mouta Mouta, je peux vous le dire », affirme-t-il. Rires dans la salle. Emmanuel Macron fait carrément monter des jeunes à la tribune. En un mot : le président burkinabé est resté collé à son siège. Je me demande si Macron l’a vraiment aidé à se lever.

Source : Franceinfo (Nathalie Bourrus)