Ph. Imgp/Abdala Koné, l’auteur du roman L’Autel du Sacrifice

Passant d’une entreprise à une autre, sans avoir gain de cause malgré ses diplômes, N’gatta n’en peut plus. Une femme et une enfant à sa charge, il ne sait plus à quel saint se vouer.

Le chômage était devenu son ami fidèle. Alors, il décide d’emprunter le chemin de la fonction publique. Mais que vaut la connaissance d’un homme dans ce monde de corrompus, où les admis aux concours sont déjà connus avant même la proclamation des résultats ?  Sans moyen financier, il a un espoir, Fernand. Directeur chargé du concours des enseignants du premier cycle, ce dernier est le meilleur ami du frère de Bahônon, sa femme.

Même si Fernand décide de leur venir en aide, il lui faut un peu d’argent pour ses supérieurs. Le temps court et N’gatta, malgré tout, est au bord du désespoir, aucune aide financière.

Bahônon va donc essayer d’intervenir au nom de l’amitié qui lie Fernand depuis de nombreuses années à son frère, mais l’autre ne l’entend pas de cette oreille. Comment une femme qu’il avait si longtemps désirée pouvait-elle s’offrir à un chômeur, alors que lui a tout pour plaire ?

Son esprit entremêlé entre le désir de sauver son foyer,  son amour pour  N’gatta et l’honneur d’un homme bafoué,  elle décide de s’offrir en sacrifice. Mais quel argument donnera-t-elle quand N’gatta la surprendra en flagrant délit d’adultère ? Qui croira en elle désormais ?

Abdala Koné, poète confirmé, ne manque pas de construire ses phrases avec adresse, justesse et passion, tel un véritable architecte des mots, pour attirer l’attention des lecteurs sur cette pratique honteuse qu’est la corruption en entreprise. A travers ce roman qui nous en apprend tant sur la force de l’amour, l’auteur pose aussi la problématique du chômage devenu le quotidien des jeunes diplômés ivoiriens.

Crépin Kony
Correspondant Rue223
Abidjan