Si la fête d’Aid-El-kébir communément appelée tabaski est synonyme de pardon et de tolérance dans les communautés musulmanes, la manière dont certains s’y prennent laisse à désirer.
A voir les moutons envahissant toutes les places publiques et certaines rues de Bamako, on aurait dû se demander où iraient toutes les peaux et tous les déchets intestinaux de ces animaux une fois immolés.
Eh bien, voilà, la solution pour s’en débarrasser était juste à côté  ! Qu’elle était la bienvenue, la grande pluie du vendredi nuit ! Et hop, plusieurs familles, apparemment fâchées avec la propreté se sont simplement contentées de balancer peaux et déchets des moutons dans les caniveaux ou ont simplement créé des dépotoirs occasionnels dans un coin de la rue d’à-côté.

Bien évidemment, après la pluie, les mauvaises odeurs ont envahi l’air dans nombre de quartiers de Bamako. Des odeurs nauséabondes avec, par endroits, aux abords de quelques rues, de grands festins de mouches vertes qui vous accueillent avec des vrombissements de colère quand vous les dérangez en passant tout près avec le bruit de vos boubous en bazin riche ou pauvre.

Certaines familles riveraines et des commerçants,  exposés à ces odeurs pestilentielles, vivent un véritable calvaire. « Cette manière de maltraiter notre cadre de vie est le prolongement de cet incivisme rampant que nous avons toujours décrié ici à Bamako », nous confie, dépité, Bourama Diakité, vingt-sept ans, un jeune diplômé sans emploi qui tient son petit commerce, à Daoudabougou, en bordure d’une voie dont le caniveau est plein de peaux de mouton déjà en décomposition.

A Kalaban-coura, les gens avaient fait d’un coin de la Mosquée Verte, appelée Alakdar, le lieu de stockage des peaux de mouton. Trois jours après, l’odeur qui avait envahi tous les alentours a commencé à déranger même les notables qui priaient dans cette mosquée et il a fallu l’intervention d’un conducteur de tricycle pour les débarrasser de ces peaux encombrantes. « Notre imam a dû refuser plusieurs peaux que les fidèles venaient offrir à la mosquée, parce que beaucoup d’entre elles étaient déjà dans un très mauvais état », a déclaré M. Sanogo, la soixantaine passée, artiste résidant à Koulouba-village.

Le triste spectacle est visible dans plusieurs autres quartiers de notre capitale, tout au long des voies publiques avec la même odeur qui se dégage et étouffe le passant.

Nous estimons qu’un vrai travail de sensibilisation est à faire pour obtenir un changement de comportement qui va dans le sens de l’amélioration de notre qualité de vie.

  Adama Traoré