Trois ans de prison, 30 millions d’euros d’amende et la confiscation des biens saisis, dont un immeuble évalué à plus de 100 millions d’euros, ont été requis mercredi contre le vice-président de Guinée équatoriale Teodorin Obiang, au procès à Paris de l’affaire des «biens mal acquis».

Fils du président Teodoro Obiang, l’ancien ministre de l’Agriculture et des Forêts promu vice-président par son père, Teodorin Obiang, bientôt 48 ans, est poursuivi à Paris pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption.
« Vous avez suffisamment d’éléments pour condamner, dans un dossier qui se caractérise en réalité par sa simplicité », a indiqué le procureur en direction du tribunal, qui suivra, ou non, son réquisitoire. Et d’ajouter : « Pour moi, il n’y a pas de place pour la relaxe. »
La partie civile − composée de la Coalition pour la restauration de la démocratie en Guinée équatoriale (Cored) et de Transparency International France − avait auparavant plaidé contre celui qu’elle avait appelé « le champion du blanchiment », « petit Ubu roi de carnaval et de casino », provoquant les foudres des partisans du prévenu.

« Justice raciste »

Parmi eux, l’ambassadeur de Guinée équatoriale en France. Ce dernier, excédé lors d’une suspension d’audience, a notamment évoqué une « justice raciste ». « La justice française n’est pas supérieure à la justice équato-guinéenne, et la France n’est pas supérieure à la Guinée équatoriale ! », a glissé le diplomate, présent à l’audience ce mercredi, comme depuis le début du procès.
La défense de Teodoro Nguema Obiang Mangue, composée de Sergio Tomo, Emmanuel Marsigny et Thierry Marembert, plaidera à son tour jeudi 6 juillet afin de convaincre le tribunal de relaxer son client.

Source : Jeuneafrique, AFP