De très beaux moments de partage au Lycée Kodonso ce lundi 22 février ! Le Café littéraire autour de « La Femme de Dieu » a été enrichissant. Même si le titre continue d’animer les passions fanatiques d’exégètes islamistes. L’important pour moi était de faire comprendre ma démarche et mon message… Pour le reste, je pense qu’un écrivain ne peut pas être le gardien de l’interprétation de son livre.

A ce sujet voici un article du Journal « Le Challenger » du jeudi 26 février 2016.

Café littéraire autour ‘’La Femme de Dieu’’ de Minga S. Siddick

Un voyage dans l’imaginaire de l’auteur avec les élèves de Kodonso

Dans le cadre des activités de la rentrée littéraire 2016, le journaliste-écrivain, Minga S. Siddick, a animé, le 22 février 2016 au Lycée Kodonso, un café littéraire autour de son nouveau roman intitulé ‘’La Femme de Dieu’’, paru en 2015 aux Editions ‘’La Sahélienne’’. C’était en présence de nombreux élèves et sous la mobilisation totale de l’administration dudit établissement.

C’est sous des tonnerres d’applaudissements d’élèves très motivés et d’une administration très engagée pour la cause du livre que Minga S. Siddick a tenu ce café littéraire. Après les mots de bienvenue du Directeur des Etudes, Mahamadou Sissoko, Bouréima Kéba, chargé de cours et modérateur de la cérémonie, a invité les élèves à être attentifs à l’exposé de l’auteur. Soulignant que la compréhension du roman demande beaucoup de concentration. Avant la prise de parole par l’auteur, M. Oumar Koné, chargé de cours et chef du Comité Français du Lycée, a tenu à partager avec les élèves le grand intérêt que ce livre a suscité en lui : « Quand j’ai fini de lire la première page, tout de suite j’ai réalisé que la page suivante serai encore plus intéressante que la première. Chaque page m’a tenu en haleine, m’invitant à aller plus loin. Ainsi, au moment où j’ai fini de lire le dernier mot du livre, j’ai regardé ma montre : il était déjà 2 heures 45 minutes du matin. C’est pour vous dire à quel point ce livre est intéressant. Donc, je vous invite tous à être attentifs pour voyager avec l’auteur dans un monde qu’il a créé et avec des personnages qu’il a aussi créés lui-même ».

En prenant la parole, Minga S. Siddick a d’abord rappelé aux élèves qu’un café littéraire est un échange direct entre un public et un écrivain. Après avoir affirmé que le titre du livre ‘’La Femme de Dieu’’ a soulevé plusieurs polémiques et contestations, notamment dans le milieu religieux, l’auteur a souligné que ce titre n’est qu’une métaphore doublée d’une antiphrase. « En effet, a-t-il expliqué, si homme de Dieu signifie un homme qui consacre sa vie à Dieu, on peut appeler femme de Dieu, une femme au service de Dieu. Mais Maïkan qui porte ce nom de ‘’femme de Dieu’’ n’a, en réalité, aucune vertu d’une femme pieuse. » Et l’auteur d’expliquer que le choix de ce titre se justifie par le fait qu’il considère que « l’écrivain, comme tout artiste, a parfois besoin de procéder par électrochoc pour tirer les esprits vers le haut ». L’auteur balaie ainsi du revers de la main les accusations de blasphème ou de provocation.

Selon l’auteur son roman ‘’La Femme de Dieu’’, est une œuvre polyphonique dans laquelle on peut retrouver en plus d’une histoire d’amour, un roman d’aventure, des séquences de vies proches de nouvelles, de longs dialogues qui nous plongent dans l’ambiance d’une pièce de théâtre, des réflexions philosophiques qui font penser à un essai, etc. L’une des caractéristiques essentielles du livre de Minga S. Siddick est son écriture originale par séquences datées qui éloigne des romans avec chapitres et titres. Une écriture qui maintient l’esprit en éveil du début à la fin de la lecture.

« Ecrire, c’est dessiner son rêve et le partager »

De façon générale, les préoccupations des élèves ont porté sur les sources d’inspiration de l’auteur, les messages qu’il véhicule à travers le livre, le choix du titre et les personnages clés de l’ouvrage. En réponse, Minga S. Siddick a précisé qu’écrire, c’est d’abord construire et aider les autres à se construire. En soulignant que le déclic de l’inspiration qui a abouti à ‘’La Femme de Dieu’’ est parti des confidences d’une femme à l’issue d’une émission radiophonique qu’il animait au Bénin, l’auteur a laissé entendre que son roman est donc basé sur des faits vécus et entendus, mais très romancés. Et d’expliquer que c’est souvent dans la souffrance ambiante et dans les difficultés du quotidien qu’il éprouve le plus le besoin de se guérir en écrivant pour se désenvoûter et imaginer un autre monde. Et il dit avec les belles métaphores dont lui seul a le secret : « Avant d’être un acte jubilatoire et jouissif, écrire est d’abord un acte curatif personnel, un acte d’auto-désenvoûtement qui abouti à un rêve. Voilà pourquoi pour moi, écrire, c’est dessiner son rêve et le partager. »

Abordant les questions relatives à l’aspect politique de son roman, l’auteur a dit qu’ « écrire c’est aussi témoigner » et qu’aucun romancier ne devait rester insensible à la marche chaotique du monde. D’où sa diatribe contre les présidents qui changent les lois fondamentales de leurs pays pour s’éterniser au pouvoir.

Selon l’auteur, les principaux messages du roman sont, entre autres, l’ouverture à l’autre et la recherche de la connaissance. « Je ne crois pas du tout au hasard et c’est ce que j’essaie de démontrer dans ce livre. Je pense que tout ce qui nous arrive, c’est soit le début, soit le déroulement ou l’aboutissement de quelque chose », a-t-il déclaré.

Cette rencontre s’est déroulée dans la plus grande convivialité entre l’écrivain et ses hôtes. Dans ses mots de remerciement, Oumar Koné a tout simplement laisser entendre : « vraiment les élèves, applaudissez fortement M. Minga S. Siddick, car il n’est pas donné à tous les lycées de recevoir un éminent écrivain comme Minga ». En retour, l’auteur de ‘’La Femme de Dieu’’ a salué l’administration et tous les élèves pour l’accueil amical qui lui a été réservé.

Ousmane Ballo