© Le Monde.fr (compilation d'images choisies sur la liesse populaire dans les rues de Ouaga suite à la démission de Blaise Compaoré)
© Le Monde.fr (compilation d’images choisies sur la liesse populaire dans les rues de Ouaga suite à la démission de Blaise Compaoré)

La sortie massive du peuple burkinabé qui a abouti, le vendredi 31 octobre 2014, au départ précipité de l’un des présidents-dinosaures de l’Afrique, vient de connaître son point d’orgue, ce lundi 17 novembre à 4 heures du matin, avec le choix de M. Michel Kafando comme le président de la transition. J’ai trouvé assez originale la manière de procéder à cette sélection d’une personnalité civile consensuelle capable de conduire le pays vers des élections justes, transparentes et incontestables, en novembre 2015. Cela a inspiré ma réaction sur la page Facebook Ali Badra Diakité en ces termes :

« Ce mode d’élection est une nouvelle particularité du Réveil Démocratique Burkinabé. Bravo, les frères et restez intègres jusqu’au bout ! Le reste de l’Afrique a beaucoup à apprendre de vous… Bonne chance pour le reste ! »

Cette réaction a provoqué la contre-réaction d’un certain Lucine Massa qui s’est adressé à moi en ces termes : « DE quel reveil démocratique parlez vous Siddick Minga que font les blancs dans ce conseil je n’ai pas d’Africain pour le cas de lUkaine honte aux Africains toutes ces études pour rien » (sic).

© Photo Internet / SE Michel Kafando, le président de la Transition qui fait définitivement tourner la page Blaise Compaoré.
© Photo Internet / SEM Michel Kafando, le président de la Transition qui fait définitivement tourner la page Blaise Compaoré.

D’où cette mise au point de ma part :

« J’estime que de deux maux, il faut choisir le moindre ! Tous les pays ne sont déjà pas capables de faire ce que le peuple burkinabé a fait. Et j’ai foi en la maturité de ce peuple. S’il n’est pas content de ce Conseil, il le fera sentir. A défaut d’un grand Bonheur, il y a des parcelles de bonheur qu’il faut savoir apprécier. Nul ne peut être plus royaliste que le Roi. J’apprécie ce qui se passe au Burkina, jusqu’à ce que ce peuple qui par son insurrection a fait tomber un un baobab, me donne tort. Je ne verse pas dans l’anti-occidentalisme plat qui fait faire des comparaisons à tout vent. Foncièrement panafricaniste et virulent contre les pratiques impérialistes et néocolonialistes, je me méfie cependant de ces Africains qui aiment s’adonner à ce que moi j’appelle un « intellectualisme creux » qui consiste la plupart du temps à ne trouver la cause des maux de l’Afrique que chez les Européens, comme si nos dirigeants africains ne sont pas capables de décider par eux-mêmes, au nom de cette sacrée souveraineté tant galvaudée; comme s’ils n’étaient que des éternels enfants soumis à la dictée d’un maître. Moi j’appelle Réveil Démocratique Burkinabé, cette révolution populaire dont l’un des plus grands fruits est déjà cette rencontre de tous les opposants des pays à velléité « constitutionnicide », la semaine dernière, pour fédérer leurs forces. C’est déjà un point positif de la leçon burkinabé. D’autre part, la désignation du civil qui doit assurer la transition aurait pu provoquer des tiraillements humiliants ternissant le soleil de notre printemps sub-saharien. Il n’en a rien été, ce qui donne à penser que les Burkinabé sont assez matures et ont une claire conscience de ce qu’ils veulent. Voilà tout le sens de mon propos, mon cher Lucien Massa. »

J’ose espérer avoir éclairci ma position sur ma conviction qui jamais ne changera. N’en déplaise aux éternels boudeurs africains qui souffrent d’un anti-occidentalisme aigu irréfléchi.

MINGA