Nous devons constamment rester éveillés pour guetter les moindres occasions de profiter d’une brèche, accidentelle ou à son heure. Mais cela a besoin de patience et d’attention.

Grand marcheur devant l’Eternel, chaque fois que je me (re)trouve au bord d’une voie à traverser sans feu tricolore, je compare la circulation à une scène de la vie. Il faut regarder les véhicules en files interminables comme autant d’obstacles à franchir qu’il faut affronter avec sérénité, calme et sagesse. Il faut éviter l’énervement, les tics de colère, les gestes désespérés pour demander que les chauffeurs à tout prix vous laissent passer. Il faut considérer ce moment comme une épreuve de patience pour vous consolider dans votre capacité d’attendre. Attendre. Attendre le bon moment, attendre le bon endroit, attendre la bonne personne, pour poser le bon acte, pour laisser entendre le bon mot… Pendant mon attente, je fais un exercice de respiration profonde pour garder mon calme, mon sang-froid, ma sérénité. En même temps, mon esprit est dans un état de veille constant, permanent. Je me dis que tôt ou tard, je pourrai traverser parce que les véhicules commenceront forcément à se distancer, donc à offrir des espaces, des ouvertures, des brèches; alors je vais m’engager et traverser et ce sera fait. Et, pour moi, chaque traversée constitue une victoire de plus contre la pression et le stress. J’évite, autant que faire se peut, de traverser une voie en courant, pour mieux profiter de ma victoire.

Nous sommes donc livrés chaque jour à tous les facteurs de désenchantement, de colère et de tristesse. Il nous appartient de pouvoir minimiser la portée de ces facteurs négatifs en relativisant les données et en maintenant notre esprit aux aguets. Parce que le cours de la vie nous impose d’être des veilleurs perpétuels.

Bonne fin de semaine.

MINGA