"Reconnaître à Mandela sa grandeur, c'est bien; apprendre à grandir comme Mandela, c'est encore mieux."
« Reconnaître à Mandela sa grandeur, c’est bien; apprendre à grandir comme Mandela, c’est encore mieux. »

« Beaucoup ont assumé cet héritage de Madiba, beaucoup prétendent être solidaires de sa lutte mais ne tolèrent pourtant pas le changement », dixit Barack Obama.

Eh oui, ils sont si nombreux ces hommes politiques, ces chefs d’État du continent qui, comme des chiens devant leur maître, remuent leurs queues devant la grandeur de Nelson Mandela, tout en sachant qu’ils n’accepteront jamais d’accomplir le quart de la moitié de ce que ce véritable soleil d’amour et de pardon a réalisé. Et pourtant, ils pourraient bien le faire, chacun dans leur pays, ne serait-ce que savoir se contenter des deux mandats de leur Constitution. Et ils seraient respectés, applaudis, honorés par les peuples qu’ils gouvernent. Cela ne leur donnerait pas bien sûr la stature unique de Nelson Mandela. Mais, au moins, ils auraient donné les prémices d’une rupture avec la boulimie du pouvoir dont l’Afrique souffre des conséquences. Ils auraient montré qu’ils ont compris la leçon du partage de Mandela. Ils auraient fait un pas de sagesse vers la conscience que l’on ne peut se réaliser pleinement que si l’on manifeste au quotidien cette humilité qui pousse un coureur à passer à temps le relais à un autre de sorte que l’on ressente sa victoire comme la nôtre aussi. Surtout quand cela fait partie d’une règle établie au départ et librement acceptée.

Obama, en prononçant ces paroles, voulait certainement fouetter des ego ankylosés par le rituel de la confiscation du pouvoir au détriment de la volonté des peuples qui sont effrayés avec des discours catastrophistes de bas étage de ces présidents-manitous qui ont du plaisir à laisser penser qu’après eux viendra le déluge et qui font tout pour que ce déluge ait lieu quand les peuples s’opposent à leurs stratagèmes.

Obama, à travers ces mots, nous a fait penser à plusieurs chefs d’État corrompus de notre pauvre continent, adeptes du népotisme, de l’égocentrisme, de la mégalomanie qui, parce qu’ils ont peur de quitter le costume du pouvoir qui fait d’eux des êtres intouchables toujours au-dessus de la loi, refusent les principes élémentaires de la démocratie, faisant ainsi porter à l’Afrique et pour longtemps, le poids de la pauvreté, de la faim, de la maladie et de la mort en cascade. Ces présidents qui se bombent aujourd’hui le torse pour dire avec une certaine fierté qu’ils ont connu, apprécié, aimé et suivi Nelson Mandela. Qu’ils l’ont reçu dans leurs pays. Qu’ils ont chez eux des rues, des avenues, des hôpitaux, des écoles ou des universités qui portent le nom lumineux de cette grande âme. Comme s’ils suffisaient de serrer la main à un sage pour devenir soi-même un sage. Comme si faire porter un grand nom à une quelconque réalisation, au-delà du souvenir, peut faire d’un médiocre un grand homme.

La gigantesque cérémonie d’hommage à Nelson Mandela nous a donné de voir en grandeur nature la gigantesque hypocrisie des dirigeants de ce monde. Il y avait dans tout cet apparat coloré d’hommes politiques « assommés » par la mort de leur pair, quelque chose de baroque, de léger, de flou, de faux. La manifestation était belle, haute en couleurs, mais la comédie des petits hommes sur la scène d’adieu à un grand homme était, dans le fond, plate, fade et honteuse à mon goût. Le costume qu’ils portaient n’incarnait pas leur vraie personnalité. Mais, c’était beau à voir, bon à savoir. Il faut de tout pour faire un monde, n’est-ce pas ?  Mêmes des  présidents clowns qui se font passer pour des clones du Maître à penser !

C’est à nous de tirer les meilleures leçons de la vie et de la mort de Madiba. Pour que personne ne vienne nous faire prendre des vessies pour des messies !

MINGA