Je vis. J’agis. Je participe à la marche du monde. Donc je marche avec le monde. Avec tout le monde. Le parcours est long. Le chemin parfois rocailleux, sinueux, obscur, confus. Mais j’avance. Et parce que j’avance, je peux trébucher. Je peux tomber. C’est normal. C’est une épreuve. Mais cette épreuve doit m’exiger plus d’attention, plus de prudence, plus de sagesse. Pour en subir le moins possible. Donc pour tomber le moins possible. Cette exigence passe par des questionnements qui éveillent notre conscience.

Pourquoi ai-je trébuché ? Pourquoi suis-je tombé ? Les vices ou les pièges du chemin ne suffisent pas toujours à expliquer nos trébuchements et nos chutes. Ces vices et pièges sont connus d’avance. Si nous continuons d’en être victimes, c’est soit parce que nous n’avons pas conscience de l’importance de bien marcher pour aller le plus loin possible dans notre parcours et alors nous nous laissons distraire par de petits rêves parasites qui finisent par nous détourner de l’essentiel : notre participation à la marche du monde comme maillon important d’une chaîne vitale; soit parce que nous avons un certain plaisir idiot à vivre comme en jouant, pantin pour amuser la galerie des autres en s’autodétruisant…

Notre conscience a des lacunes qui se manifestent par notre inconstance, l’inconsistance des arguments qui justifient nos trébuchements, nos chutes, nos échecs, notre intempérance face aux plaisirs… Et les limites de notre conscience débouchent sur notre carence morale, notre tendance à noircir l’autre pour nous blanchir, notre méconnaissance de nos droits, notre irresponsabilité face à nos devoirs…

Si j’ai trébuché pour n’avoir pas vu l’obstacle et si je suis tombé pour avoir perdu mon équilibre, alors ma conscience devrait me recommander de mieux regarder là où je mets les pieds et, si par extraordinaire un piège plus subtil trompe mon attention, de savoir garder mon équilibre. Cela n’est pas impossible. Des exercices peuvent nous fournir les meilleurs réflexes qui nous aident à résister à la chute.

Mais tout effort dépend de la conscience de la raison qui le justifie. Sinon, on tourne en rond.

Bien à vous.

MINGA