La jalousie, dans la vie d’un couple, peut être un indicateur d’amour,  la manifestation concrète d’un sentiment sincère. Encore que le degré de cette manifestation doit être maîtrisé.

Mais il y a une autre forme de jalousie qui relève de la possessivité et de l’égoïsme pur : on veut prendre l’autre sous ses aisselles et éviter qu’il ait tout contact avec l’extérieur, parce qu’on veut être la seule personne à profiter de ses qualités physiques, de ses compétences, de ses atouts…

Alors un sourire à toute personne de sexe opposé est interprété comme une tentative de séduction ou la preuve d’une relation amoureuse sournoise. Un regard, un mot gentil, un geste ordinaire d’amabilité à l’endroit de l’autre sexe prend des proportions alarmantes à travers des crises de nerf, des demandes d’explication, des rappels à l’ordre, des menaces diverses.

Pour la personne souffrant d’une telle jalousie maladive, proche de la déficience mentale, l’autre est sa chose personnelle, privée, qu’elle protège contre toute velléité de vol.

Pour moi, on ne peut parler d’amour quand notre cœur devient une prison à vie pour l’autre. Il s’agit plutôt de possession. L’autre devenant un objet précieux dont la possession donne à notre ego, une sensation de toute-puissance qui peut nous permettre de narguer les autres autour de nous. Un objet si précieux que nous avons constamment l’impression que tout le monde a le regard braqué sur nous – même quand personne ne fait attention à nous -, que tout le monde nous envie, que tout le monde est prêt à nous déposséder de notre trésor.

Quand l’amour devient possessif, l’envie d’être avec l’autre devient obsessionnelle et la jalousie devient paranoïaque. Dès lors, les réactions deviennent violentes et peuvent conduire à des crimes… passionnels ( ?). Parce que la personne jalouse ne contrôle plus ses pulsions, ses réflexes et se trouve obnubilé par sa hargne à conserver sous sa coupe, l’autre, dont toute  expression de gêne ou de frustration est d’emblée considérée comme un indice de « rébellion », donc une menace contre sa sécurité affective. Voilà l’origine de la peur qui pousse à des actes désespérés qui parfois ne se justifient que dans l’esprit trop imaginatif de la personne jalouse.

Une telle jalousie nécessite l’implication d’un psy (psychologue, psychanalyste ou psychiatre) dans la vie du couple qui flirte dangereusement avec un drame (séparation douloureuse, meurtre, suicide, etc.).

MINGA