72 heures ! Voilà le délai imposé à la junte au pouvoir au Mali depuis le 22 mars dernier. Et nombreuses sont les sanctions que le Mali va subir si jamais les militaires ne retournent pas dans les casernes : fermetures des frontières de tous les pays limitrophes du Mali, fermeture des ports au Mali, gel du compte du Mali à la BCEAO… On parle aussi d’interdiction de voyager des chefs de la junte (où devraient-ils aller ?) et du gel de leurs comptes bancaires (combien ont-ils dans des banques hors du Mali, ces militaires dont le chef Sanogo n’aurait, selon certains de ses proches, qu’une seule moto jakarta!).

Je reste toujours sur ma faim. Car cette Cédéao est un monstre irrationnel ! Sinon, on n’aurait pas attendu la chute d’ATT pour se bander les muscles avec une arrogance qui frise parfois l’insolence. Je me rappelle encore le ton guerrier sur lequel parlait Boni Yayi à la fin de leur première rencontre à Abidjan. J’avais l’impression humiliante de voir sur le petit écran une séquence de téléréalité où on avait donné la parole à un ivrogne pour déblatérer des incongruités contre un prix du meilleur discours alcoolisé ! C’était pathétique. Il a toute cette verve caustique et pourtant il n’a pas daigné lever le petit doigt pour protester contre les Touaregs qui ont égorgé des centaines de militaires maliens au Nord. Il n’a pas osé dire un mot quand son ami ATT pour lequel il est prêt à « brûler » le Mali se plaignait que la Communauté internationale ne réagit pas devant les massacres perpétrés par les rebelles. Il n’a pas cru opportun de demander à la Cédéao d’envoyer des militaires au Mali pour aider les militaires maliens sans armes, sans munitions et abandonnés à eux-mêmes… Humiliant ! Je l’entends encore dire que le retour dans les casernes doit se faire sur place devant eux (chefs d’Etat de la Cédéao) « sinon, ce sera la solution militaire », et d’insister sur le caractère immédiat du retour des militaires dans les casernes. Comme s’il s’agissait de vulgaires voyous sortis sur un coup de tête et sans objectif !

C’est vrai, en politique, le ridicule est comme un bijou dont on peut se parer de temps en temps pour donner la preuve de sa stupidité. Parce que la stupidité est comme le sel de la politique sous les Tropiques. En vérité, en vérité, Yayi Boni a-t-il des leçons de démocratie à donner au Mali ? En vérité, en vérité, Blaise Compaoré est-il arrivé au pouvoir par les urnes ? En vérité, en vérité, Allasane Ouattara ne veut-il pas assurer ses arrières en s’agissant autour des mutins maliens ?

Je précise que je suis opposé aux coups d’Etat. Mais si un coup d’Etat peut nous secouer de notre torpeur et nous amener à réfléchir sur nos erreurs, nos égarements, nos turpitudes, alors je l’approuve. Et je soutiens les mutins maliens, pour avoir eu le mérite de provoquer cet électrochoc qui nous permet aujourd’hui de savoir qui est qui aussi bien dans la classe politique malienne, qu’au niveau de la fameuse grotesque Cédéao.

Merci Sanogo. Même si, avant 24 heures, tu retournais avec tes hommes dans les casernes, tu auras aidé le Mali quelque part. BRAVO, rien que pour ça !!

MINGA