Le mercredi 22 mars dernier, une banale réunion de mise au point entre militaire a dégénéré en une marche de colère de soldats de Kati sur Bamako. Personne ne pouvait alors imaginer que le destin du pays se jouait et qu’un jeune capitaine arracherait le pouvoir au général ATT.
Et pourtant, l’inimaginable s’est produit. Un autre Amadou a pris la place de l’autre. Vingt-et-un ans après l’exploit d’ATT qui avait répondu à l’appel du Mali pour prendre la voie royale de la démocratie. C’était aussi en mars. Mais un 26. D’où le caractère sacré de cette date pour le Malien. Aujourd’hui, avec la « révolution » du 22 mars, on se demande si cette date aussi va connaître le même sort. Mais là n’est pas le but du présent texte.
Je voudrais surtout mettre en évidence l’attitude ridicule de certains hommes politiques qui ont attendu les condamnations tous azimuts des pays occidentaux avant de se dresser sur leurs ergots et se mettre à invectiver les militaires à qui ils demandent de « dégager ». Pourquoi donc avoir attendu tout ce temps avant de se prononcer sur le coup de force de la bande à Sanogo ? Et pourquoi s’inspirer des déclarations de cette communauté internationale que la plupart de ces hommes politiques accusent toujours d’impérialisme et de néo-colonialisme ? Pourquoi n’avoir pas réagi avec spontanéité ? Y a-t-il à réfléchir avant de condamner un coup d’état quand on y est foncièrement opposé par principe et sans exclusive ?
J’estime que c’est un déni de soi que de laisser les autres diriger notre conviction et pour moi, ces réactions épidermiques circonstanciées de leaders politiques qui manquent de cran, puent de l’opportunisme. Et je suis presque convaincu que ces mêmes demi-hommes qui aujourd’hui subordonnent leur courage politique à la décision de la communauté internationale devenue subitement « fréquentable » et douée de bon sens, ces mêmes demi-hommes, dis-je, viendront courber l’échine devant les jeunes militaires pour leur demander des bribes de pouvoir dès que ces derniers sauront faire preuve de fermeté dans leur orientation politique.