J’ai toujours pensé que ce qui compte vraiment dans notre vie, ce ne sont pas les bouts de papier que nous accumulons le long de notre cursus scolaire, mais la somme des connaissances humaines et spirituelles que nous amassons et qui nous permettent de briser les chaînes de l’obscurantisme et des préjugés… Ces connaissances, pour l’essentiel; ne s’acquièrent pas à l’école…

Combien sont-ils qui sont sortis bardés de diplômes mais qui sont, au pied du mur de la réalité et de la vie, de piètres individus perdus dans la confusion de l’inexpérience ou victimes de l’arrogance et de la suffisance ? Et combien sont-ils qui, vite éjectés du circuit scolaire parfois malgré eux, se trouvent être, grâce à leurs propres efforts inlassables d’auto-culture, d’auto-formation,  les plus beaux exemples de compétence, de créativité et d’ingéniosité ? Nombreux sont les infortunés de la dernière catégorie citée.

Malheureusement, la société fonde son jugement du talent sur ces fameux diplômes. Je ne suis pas contre ces diplômes qui, de toutes les façons, justifient l’effort de scolarisation. On ne peut pas entrer dans une école et ne pas être évalué. Et le diplôme étant la preuve d’une succession d’évaluations réussies dans un domaine précis, je l’approuve.

Mais quand on sait de quelles manières les diplômes sont obtenus aujourd’hui (fraude, tricherie, falsification, droit de cuissage…), je me dis qu’il y a lieu de tempérer notre enthousiasme devant la grandeur nominale de certains parchemins. Et je me dis surtout qu’il ne faut pas sous-estimé des personnes qui n’ont pas eu le bonheur de faire de hautes études couronnées par de grands diplômes.

Ainsi, pour moi, c’est à l’œuvre qu’il faut juger la capacité de l’ouvrier. Car la compétence précède le parchemin qui en fait, n’est qu’une reconnaissance physique, vraie ou fausse, de cette compétence. Il y a dans l’ombre tant de compétences qui attendent d’être reconnues !

Aujourd’hui, le doute qui entoure la reconnaissance de certaines compétences doit nous faire réfléchir et nous permettre de donner souvent sa chance à une personne qui n’a pas de diplôme mais nous certifie, à travers un Curriculum Vitae, qu’il a des compétences dans tel ou tel autre domaine. Il faut avoir foi en la capacité des hommes sans diplôme, comme il faut se méfier des têtes trop diplômées. Le mieux, c’est d’accepter l’un et l’autre sans préjugé et de donner à chacun sa chance…

MINGA