Il n’est pas impossible que la situation précaire des hommes explique parfois leur comportement (défiance et mépris) à l’égard des femmes ou leurs jugements sur la gent féminine. Mais je crois que si nous faisions souvent l’effort d’étouffer l’élan de l’orgueil mâle en nous tapi, nous pourrions profiter sans complexe du soutien de ces femmes qui travaillent, bénéficier de leurs carnets d’adresses… Quant au fait que toutes les femmes travaillent ou, pour reprendre l’expression de Patrick Ertel, que « les femmes, elles, ne chôment guère en Afrique », cela dépend des milieux. Et puis, toutes ces femmes qui travaillent, je crois qu’il y en a parmi elles un grand nombre qui ne passe pas par des voix très catholiques. Vous comprenez ce que je veux dire. Mais ça, c’est un autre débat…

A mon humble avis, il ne sert à rien de couver sa dignité en détruisant celle de l’autre. Pour paraphraser un sage baha’i, je dirais que l’homme et la femme sont à l’humanité ce que sont les deux ailes à l’oiseau. Si une de ses ailes était brisée, l’oiseau ne volerait pas ou ne volerait plus comme il faut. Ainsi, si l’homme s’instruit et se développe en laissant dans l’ignorance la femme, celle-là même qui est l’éducatrice par excellence des enfants sur qui repose l’avenir, il va sans dire que l’humanité sera handicapée et s’affaissera.

Voilà pourquoi, chez les baha’is, on dit ceci : si vous avez deux enfants, une fille et un garçon, faites tout pour les inscrire tous les deux à l’école. Mais si, malgré tous vos efforts, vos moyens ne vous permettent que de scolariser un seul enfant, offrez cette chance à la fille, pour la raison évoquée plus haut. Bien à vous.

MINGA