Je l’aime

D’un amour à la fois tendre, doux et violent

A la fois sobre, riche et débordant

Je l’aime

D’un amour

Qui me mène par le bout du nez

D’une passion forcenée

Qui me conduit

Jusqu’aux confins des rêves les plus romantiques

Les plus érotiques, les plus dramatiques

Des rêves mauves et blêmes

Qui gonflent, compriment, étirent et font exploser mon coeur

Mon coeur roc hier galet spongieux aujourd’hui

Mon coeur qui gémit, rugit, mugit

Mon coeur qui roucoule, meugle, brame

Mon coeur qui braille, qui brait, qui coasse

Mon coeur qui caquette

Sevré du doux téton de la mamelle de sa marraine

Tétine sucrée de la chaude mamelle molle qu’il me plaît de peloter.

Je l’aime

Ce corps qui saoule mon coeur

Du vin de son vagin

Après des nuits blanches d’ivresse sexuelle

Ah ces roucoulements de plaisirs, ces spasmes de l’orgasme

Ces instants de transes répétés qui accompagnent ce moment divin

Ce moment de vide où le volcan de mon corps laisse jaillir

Du cratère de mon pénis enchanté les larves de ma semence…

Je l’aime

J’aime cette âme magique qui m’agite

Ce coeur qui me coince dans le coffre de son corps

J’aime cette vie

Dont l’absence menace l’équilibre de mes envies

Et me plonge dans le cynique tunnel de ces nuits noires

Que je m’efforce de peindre aux couleurs du sperme étouffé

Sperme mélancolique que crache mon sexe assoiffé d’elle

Mon sexe animé par mes doigts endiablés étrangement impudiques

Je l’aime

De cet amour fou qui tue la raison

De cette folle folie qui ramollit mon âme déjà molle

Mon âme déjà muette, morte déshydratée

Mon âme qui veut boire sans répit la sève dégoulinante

D’un sexe en feu qui libère lascivement ses profondeurs nectariennes

Je l’aime

J’aime la façon enivrante dont son vagin m’engloutit

Comme un jeune sexe déhiscent qui accueille son premier pénis.