Je supporte de plus en plus mal les informations à la radio ou à la télévision. Chaque journal me donne l’impression que le monde entier est indifférent de ce qui se passe en Côte d’Ivoire et en Libye. Indifférent, insouciant, imperturbable. Et pourtant, ce sont des centaines, des milliers, des centaines de milliers de vies humaines qui, chaque jour, sont arrachées au monde, de la façon la plus violente, la plus barbare, la plus sauvage. Et pourtant, ce sont pour la plupart soit des innocents, soit des coeurs vaillants pleins de rage devant les machines infernales de la mort qui veulent venger des morts injustifiées, s’opposer au règne de la violence. Voilà ces êtres qui meurent et que personne, parmi ceux qui ont le pouvoir de le faire, ne songe à venger…

Les pays de Laurent Ggbagbo/Alassane Ouattara et de Muammar Khaddafi sont devenus de vraies jungles, des lieux de vie d’où s’est échappée la raison humaine, d’où a fui l’humanité des coeurs. Des politiciens aux coeurs de rocs règnent en maîtres absolus sur les destins de leurs peuples. Ils pensent tous avoir raison. Ils se croient plus proches de Dieu en tuant, en massacrant ceux qui aspirent à la justice, à la vérité, à la paix, au bonheur…

Pendant que ces carnages ont lieu, ce sont des discours que servent aux peuples bafoués ceux qu’on appelle les « grands de ce monde ». Ils parlent de « sanctions » sans être convaincus que ces sanctions peuvent suffire à ramener la paix et le calme assassinés. Ils parlent de « bientôt », de « prochainement » comme si les morts déjà comptés ne sont pas encore assez pour dire « STOP ici et maintenant !!! ».

J’ai fini par comprendre que tout le monde se moque éperduement de tout ce qui se passe dans nos pays africains; j’ai fini par comprendre que la scène politique internationale est une vaste scène de comédie burlesque où les différents personnages centraux rivalisent d’hypocrisie, de sournoiserie, de filouterie, de duplicité, de capacité de diversion…

Alors, je me demande : jusqu’à quand donc ira le règne de la bêtise humaine qui prend chaque jour plus d’ampleur au vu et au su de tous. Sans que personne ne brouche ou ne lève le petit doigt. « Qui ne dit mot consent », dit-on. Est-ce donc ça la vérité ?

Pitié pour ces pauvres Libyens, ces pauvres Ivoiriens qui tombent sous les balles méchantes de ceux qui devraient les protéger contre la violence et la mort. Peut-être de la terre mouillée de leur sang naîtra finalement la fleur de la liberté contre laquelle même Khaddafi ne pourra rien. Peut-être… Mon espoir !

MINGA