Je me surprends souvent en train de penser qu’une douleur contre laquelle on ne peut rien, on doit l’accepter et faire en sorte qu’elle devienne pour nous, non plus source de tourment et de souffrance, mais source de plaisir et de joie.

Vouloir forcément lutter contre ce que notre force ne peut nous permettre de vaincre ne fait que nous détourner de ce qui apparaît pour moi comme l’essentiel dans la vie que nous menons ici-bas : travailler en bâtisseur sur l’immense chantier de la vie, comme un maillon sensible dont dépend l’équilibre de toute la chaîne humaine qui construit le monde.

La vraie vanité est dans la lutte contre le vent et l’utilité se manifeste dans notre action constante au service d’une cause noble en laquelle nous croyons et pour laquelle nous sommes à aller jusqu’au sacrifice suprême.

A quoi servent les plaintes, les jérémiades, sinon à nous faire marquer le pas, à nous faire perdre une bonne part de ce temps si précieux qui nous manque si souvent pour faire un geste qui sauve, poser un acte qui libère, accomplir une mission qui ennoblit.

La douleur est parfois la tentation de la part sombre de notre être qui veut faire de nous des boulets au pied du reste de l’humanité. Quand on peut la dompter on doit la dompter pour la dépasser, la transcender, l’ignorer. Quand on ne peut pas la dompter, il faut en faire une sorte d’alliée de circonstance, de sorte qu’elle ne réussisse pas à nous figer dans l’immobilisme et ne nous pousse pas à déséquilibrer la chaîne.

La douleur ne doit pas réussir à faire des nous des êtres qui mendient la pitié des autres et qui survivent de leur charité. Nous devons nous battre chaque jour pour être au-dessus de toutes les tentations du diable en nous tapi. Nous devons decevoir le diable en faisant de la douleur une douce compagne qui participe à notre combat pour la gloire de l’humanité.

Une douleur contre laquelle nous ne pouvons rien, nous devons donc apprendre à vivre avec elle dans la douceur.

MINGA