Hier, comme tous les millions d’Égyptiens de la place Tahrir, j’attendais avec foi et espérance le discours de Moubarak que je voulais, que je souhaitais libérateur, générateur d’un bonheur immédiat, d’une joie débordante qui allait inonder tous les esprits fatigués de 30 ans de règne sans partage, de politique d’exclusion, d’attitude de haine, de mépris, d’insouciance et d’inconscience…

Mais, comme ces millions d’Égyptiens de la place Tahrir, j’ai bu l’amer discours du potentat jusqu’au dernier mot ! Et j’en n’en retiens que sa hargne à rester au pouvoir à l’ombre d’un des siens. parce qu’il ne veut pas partir. Parce qu’il se croit toujours indispensable. parce qu’il croit que l’Égypte s’écroulerait sans lui. parce qu’il pense que toutes les pyramides d’Égypte disparaîtraient sans lui…

Alors, comme ces millions d’Égyptiens de la place Tahrir, j’ai été foudroyé par la déception. Mais je ne désespère pas. Le peuple est encore debout et il finira par avoir raison du Raïs ronronnant.

Quand un peuple fatigué se lève contre vous, dictateurs du monde entier, vos meilleurs discours ne peuvent plus ni l’émouvoir, ni le consoler, ni l’endormir. Il reste debout jusqu’à ce que vous vous couchiez.

Le bonheur n’est que reporté. La victoire est certaine et, tôt ou tard, il tombera le Raïs qui rame à contre courant. Il sera emporté par les vagues du peuple déchaîné… Ben Ali aussi rêvait toujours d’éternité même au coeur de la crise qu’il minimisait. Mais Ben Ali s’en est allé. Pourquoi Moubarak ? Pourquoi pas d’autres seigneurs saigneurs et ensorceleurs ? La Tunisie a donné le ton. L’Égypte va suivre. Puis d’autres pays non seulement du monde arabe, mais aussi des pays occidentaux ou leurs anciennes colonies.

Bonne chance peuple égyptien. Je suis avec vous !

MINGA S. Siddick