>Chaque jour, devant la dureté d’un drame qui frappe une frange fragile de l’humanité, je pense aux Ecritures, je repense les Ecritures. A des croyants qui ont souvent demandé à des prophètes comment ils reconnaîtraient soit le début de la Fin du monde, soit la proximité d’un Avènement ou le changement d’un « système de choses » ou encore l’entrée dans une Nouvelle Ere de la civilisation universelle, ces prophètes ont souvent donné des signes de reconnaissance très semblables, à savoir, entre autres et pêle-mêle : le règne de la terreur, le comble de la dépravation et de la fornication, la recrudescence de la violence et de l’impiété, les colères de la terre et de la mer à travers des tremblement et des vagues géantes…

Alors, je me perds en réflexions !
Soit tous les prophètes ont menti, ce qui signifie qu’il n’y aurait aucun Retour, aucun Avènement ni aucune Fin à espérer ou à craindre ; que tous les Livres Saints seraient des impostures d’illuminés machiavéliques, que les êtres créés par Dieu, le Vrai, seraient sur une autre planète (qui sait si ce n’est pas dans le nouveau système solaire qui vient d’être découvert, il y a quelques jours seulement) et que nous autres ici, aurions été créés par le Diable et à son image ; que la nature des êtres humains serait d’être de plus en plus mauvais, de plus en plus méchants au fur et à mesure que l’humanité avance en âge ; que toutes les catastrophes, tous les drames, toutes les iniquités dont nous sommes témoins ne sont que les fruits de nos actes qui eux-mêmes ne sont que le reflet de notre essence…

Soit les prophètes et les messagers, ces êtres particuliers que Dieu a choisis et investis d’une mission d’éducation parmi les hommes, n’ont pas été compris, ni dans le sens de la révélation dont ils ont été porteurs, ni dans l’esprit de leurs enseignements et de leurs messages. Ce qui expliquerait nos comportements insensés indignes d’enfants de la Lumière, nos égarements, notre éloignement de tout ce qui est spirituel et éternel au profit de tout ce qui est matériel et temporel. Ce qui expliquerait pourquoi ceux-là mêmes qui sont censés être pour nous des guides sur le chemin de la connaissance et de l’adoration de Dieu, du renoncement aux choses du monde, de la formation de notre caractère et de notre personnalité, sont les plus pervertis, les plus corrompus et portent sous la toge de Dieu une âme de Satan.

Même convaincu que cette deuxième hypothèse est plus acceptable que la première, je n’arrive toujours pas à comprendre que l’être humain, malgré son éloignement de la voie de Dieu, soit aussi mauvais dans sa pensée, dans sa parole et dans ses actes. Non, il m’est impossible de comprendre et d’accepter que des leaders religieux soient aux avant-gardes de crimes comme la pédophilie, l’inceste, le viol et les attentats-suicides supposés conduire l’exécuteur tout droit au paradis. Imagine-t-on à quel point un croyant peut s’estimer perdu à jamais, quand il sait que celui devant qui il va se confesser ou à qui il va demander conseil, est un bourreau sauvage d’hommes, de femmes et d’enfants sans défense ?

J’ai appris comme vous qu’un kamikaze qui s’apprêtait à commettre un attentat-suicide a été arrêté en Mauritanie ; j’ai appris comme vous qu’à Bamako, un Blanc (peut importe qu’il soit Vénézuélien, Ukrainien ou Espagnol) a été froidement abattu et était en train d’être découpé en morceau quand la police est arrivée sur les lieux du forfait ; j’ai appris comme vous, avec un arrière-goût de réchauffé, la polémique autour de plusieurs dizaines de femmes violées au Congo-Kinshasa par des miliciens. J’apprends toujours comme vous, les efforts que font certaines organisations internationales pour que justice soit rendue pour tous les crimes qui sont commis partout sur la planète, pendant qu’à côté ou en face, d’autres organisations font les mêmes efforts pour que jamais justice ne soit rendue afin que règne l’impunité, mère de l’iniquité. Alors je comprends que tous les crimes semblables ne soient pas punis de la même façon en fonction de la personne qui les commet. Que la justice dite internationale est pour le moment, un leurre parce que, pour l’heure et pour des raisons absurdes âprement défendues, on la veut justice partisane. A l’image de notre justice locale. Jusqu’à ce que passe la génération des Mugabé, des Béchir et des Kadhafi. Des personnages perfides qui jonglent avec une fibre prétendue nationaliste pour s’attirer l’admiration de défenseurs d’une certaine « intégrité » qui donne à l’intégration africaine, sous certaines latitudes, la connotation d’une solidarité dans le mal.

Puis, d’autres questions affluent dans mon esprit agité par l’agitation du monde : jusqu’à quand attendra-t-on encore le siècle de la spiritualité ? Jusqu’à quand la matière commandera-t-elle l’esprit ? Jusqu’à quand, au nom de Dieu, le Bon, le Très-Sage, un homme s’estimant plus croyant se tuera-t-il en entraînant dans la mort ceux qu’il considère comme des mécréants ? Jusqu’à quand les frères de la même foi s’entretueront-ils ? Jusqu’à quand, parce que de croyances différentes, des frères s’élimineront-ils ?

Finalement, les colères de la terre, de l’eau, du feu et de l’air, qui s’abattent sur le monde chaque jour, au Nord comme au Sud, à l’Est comme à L’Ouest, est-ce le signe du Retour du Messie, de l’Imam caché, de la Fin du monde ou la conséquence de nos actes animaux ? N’est-ce pas parce que nous nous comportons comme si Dieu était mort qu’Il veut, par ces colères contre lesquelles nous ne pouvons rien, nous interpeller, nous amener à nous tourner vers Lui, pour Le connaître et L’adorer ? N’est-ce pas Dieu seul qui peut nous secourir dans le péril, Lui qui subsiste par Lui-même et qui n’a aucunement besoin de nous pour exister ?

Au fait, quelle leçon de foi pouvons-nous donner à la postérité si, minimisant la paille qui est dans nos yeux, nous cherchons à tuer l’autre à cause de la paille qu’il a dans les yeux ? D’ailleurs, cette paille dans les yeux de l’autre, et si ce n’était que le reflet de la paille que nous avons dans nos propres yeux ?

Tout en cherchant les réponses à ces questionnements, n’oublions pas que les kamikazes sont déjà à nos portes. Que la mafia est déjà dans nos murs. A chacun sa vigilance !

Bien à vous.

MINGA