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Lundi 28 septembre 2009. Cela fait cinquante et un ans que la Guinée a dit NON à la France pour emprunter, seule, mais avec foi et conviction, le chemin alors rocailleux de l’indépendance, sous la houlette d’un certain Sékou Touré. Cette date anniversaire de ce moment clé de la vie de la Guinée a été choisie par les opposants au régime du militarissime Moussa Dadis Camara, pour dire NON à un système d’imposture, de démagogie, de manipulation et de braconnage politique organisé par un funeste « Want-to-be » en tenue se prenant pour le treizième imam ou le Christ de retour !
Mais on ne dit pas NON impunément à une bande de voyous, de loubards, de drogués qui, dans leur hallucination, se prennent pour le nombril de la terre ! Résultat : des armes aussi folles que ceux qui les détiennent ont détonné, blessé, humilié, tué… Les suppôts du Diable, surexcités par leur petit rêve, ont battu, abattu, volé, violé, violenté des âmes innocentes dont le malheur fut d’avoir cru que si Sékou Touré a dit NON au Général de Gaulle sans en mourir, un Guinéen peut dire NON à un autre Guinéen sans en pâtir. Des coeurs purs qui ont eu tort de croire que démocratie rime avec liberté et que liberté rime avec vérité. Des hommes, des femmes, vieux, jeunes et enfants, qui n’avaient pas compris qu’il est des politiciens–charognards qui se nourrissent de la chair et du sang de ceux qu’ils veulent gouverner et qui, malgré le masque d’ange qu’ils portent pour attirer les naïfs, finissent par montrer leur vrai visage. Aujourd’hui, ils sont morts ou marqués à jamais par la barbarie et l’ignominie que le faux Père Noël a déchaînées contre eux. Les femmes qui ont vu des canons de fusils, des bouts de bois, forcer l’entrée de leur féminité, ne se soulageront
jamais du poids de la bestialité qui est tombée sur elles ce jour-là.
Elles n’oublieront jamais !
Et pourtant, le Maître des lieux, lui, essaye, très maladroitement, de noyer le poisson dans l’eau. Avec ses éternelles élucubrations, ses discours de gamin parsemés de contradictions, ses propos décousus d’ivrogne mal repenti, son verbe à la fois grotesque et grossier. Étalant à la face du monde ses insuffisances, son immaturité, son irresponsabilité et cette arrogance plate qui accompagne le mythomane.
Quoi de plus injurieux, de plus révoltant, que d’entendre le sacré capitaine mettre en avant l’illégalité de la manifestation des hommes politiques et, à travers un coq-à-l’âne dont lui seul à le secret, accuser les manifestants qui auraient attaqué des commissariats pour voler des armes ! Comme si c’étaient des corps de militaires qui gisaient au sol. Comme si les manifestants tués portaient des armes dans leurs mains. Comme si ceux à qui ils parlaient étaient eux aussi des embrumés comme lui. Comme si un tel carnage pouvait se justifier par un simple babillage.
On parle d’au moins 187 morts. Mais le Cercle des Nuls Déguisés en Démocrates (CNDD) ne reconnaît que les 57 préalablement annoncés, voire 56. Et selon eux, 53 personnes seraient mortes par asphyxie et 4 par balles perdues. C’étaient les premières tendances. La redistribution des cadavres par catégorie a changé depuis. C’est donc vrai que le ridicule est la couronne des ignorants !
Il y a quelques semaines, dans cette même colonne, je comparais Moussa Dadis Camara à Idi Amin Dada d’Ouganda qui fut un despote des plus sanguinaires sur le continent. Aujourd’hui, la preuve est là. Et ce n’est que le début du commencement car, si rien n’est fait pour l’obliger à céder le pouvoir, il s’installera pour la vie, question de fuir la Hayes. Et alors, il en fera voir de toutes les couleurs aux opposants et au peuple de Guinée. Car, personnellement, je ne crois pas que la Guinée mérite un président comme Dadis. Pour moi, un homme aussi intellectuellement
incomplet ne peut qu’être politiquement nul, socialement ignoble. Le témoignage d’un militaire faisant partie du BATA (Bataillon autonome des troupes aéroportées) qui a pris le risque de libérer sa conscience sur Radio France Internationale est très éloquent et montre à
suffisance l’état d’esprit qui règne aujourd’hui en Guinée. Tout le monde a peur. Y compris ceux-là mêmes qui sèment la terreur et l’horreur autour d’eux.
Dadis est un danger. Il fait peur ! Un chef d’État qui n’est pas capable de gérer une armée peut-il gérer tout un pays ? Comment peut-on avouer aussi publiquement son incapacité à gouverner et vouloir en même temps rester au pouvoir sous prétexte que c’est le peuple qui le désire ? Comment peut-on vouloir d’une commission d’enquête internationale indépendante et en même temps nommer des coupables ? Les Africains comprendront-ils à temps le cri d’alarme des Guinéens pour voler à leur secours et débarrasser le cerveau de la Guinée de cette tumeur maligne appelée Dadis, avant qu’il ne soit trop tard ? Je l’espère vivement. Et avec moi des millions d’autres Africains, des milliards d’autres citoyens du monde. Oui, je l’espère. Même si l’Union Africaine et la CEDEAO n’ont pas l’habitude d’aller jusqu’où on les attend.

Bien à vous.

MINGA