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Je fais partie de ces innombrables anonymes qui n’ont pas fermé l’œil la nuit du 4 au 5 novembre dernier parce que ne voulant rater aucun détail de l’évènement
« millénaire » qui se préparait dans le monde.

Je fais partie de ces rêveurs qui s’accrochent à toutes les bribes d’espoir et qui croient, dur comme fer, que le monde peut être meilleur.
Je fais partie de tous ceux qui t’admirent et qui te soutiennent parce que, au-delà de la grisaille économique et politique dont tu hérites, par accident, et à cause de laquelle beaucoup prédisent déjà le pire pour toi, tu es d’abord un symbole, une icône, un « fétiche » pour des générations de tous les âges et de tous les continents, mais surtout, pour les générations d’aujourd’hui et pour les Africains.

Ceux qui ont connu et subi les injures et les meurtrissures de l’esclavage, les douleurs viscérales de l’expatriation forcée et du déracinement à l’infini.
Ceux qui ont vécu les moments chauds et sanglants de la quarantaine raciale, des privations mortelles et des pires railleries.
Ceux qui ont assisté à la lutte historique des rejetons d’esclaves contre les héritiers de maîtres, cette lutte de David contre Goliath dont le plus grand sacrifice reste encore dans toutes les mémoires de Noirs progressistes : Martin Luther King, le père du vrai Rêve… américain.
Ceux qui ont vu poindre à l’horizon la lueur d’un espoir de changement, qui ont saisi cette lueur vaporeuse et vacillante pour l’entretenir afin que l’étincelle fragile qui l’anime devienne la flamme forte et pétillante d’un feu inextinguible de la liberté totale, de la fraternité vivante et active, d’une égalité vraie et sans condition ni préférence.
Ces derniers croyaient au Rêve du King et ils attendaient avec foi et sagesse, l’avènement d’un Messie qui convertirait leur Volonté en Pouvoir, celui qui leur apprendrait à dire, à la place de NOUS VOULONS, NOUS POUVONS.
Puis, au fil du temps, l’espoir est devenu espérance, douce attente, attente spirituelle de celui qui viendrait libérer les enfants d’Harlem des dernières chaînes morales de l’esclavage mental et des regards obliques qui charrient encore, ici et là, des fientes de mépris et d’hostilité.

OBAMA, ton discours YES WE CAN a illuminé tous les cieux de tous les pouvoirs et ouvert toutes les vannes de tous les possibles.
A travers les mots sublimes et lumineux de ton discours audacieux et révolutionnaire, les jeunesses de l’Afrique , de l’Amérique et d’autres continents ont perçu les sillons de leur avenir et imaginent déjà un autre devenir et pour l’Afrique et pour l’Amérique et pour le Monde.

Oui, OBAMA,
Je fais partie de ceux qui n’ont pas pu retenir leurs larmes en apprenant que tu as remporté les élections, en écoutant tes premiers mots de vainqueur, de (futur) président des Etats-Unis d’Amérique, en voyant d’autres visages mouillés de larmes dont celui, emblématique, du Révérend Pasteur Jesse Jackson, en réalisant que le Rêve du King venait d’être incarné par toi.
Toi qui n’es pas descendant d’esclave mais fils de la terre d’où sont partis les esclaves dont ta femme est une descendante.
Toi qui n’as pas connu l’enfance joyeuse, juteuse, jouissive des familles bourgeoises, mais qui a côtoyé la souffrance, la solitude, la peur.
Je fais partie de ceux qui jubilent depuis ton élection.
Non pas parce que je te sais capable de résoudre tous les problèmes de l’Amérique, de l’Afrique, du monde.

NON. Je ne suis pas heureux parce que tu peux être le meilleur président des Etats-Unis.
Tu peux ne même pas regarder l’Afrique, si cela peut te faire plaisir.

OBAMA, je suis heureux parce que ton élection peut donner la force à de nouveaux types de leaders africains de se battre contre toutes les formes d’iniquité, d’injustice, d’intolérance, d’exclusion et de xénophobie.
Je suis heureux parce que je sais que l’électrochoc de ton élection va faire réfléchir nos présidents africains qui, pour protéger « leur » pouvoir, se taillent des Constitutions à la mesure de leur égocentrisme, de leur égoïsme, de leur orgueil, de leur prétendu patriotisme, de « leur » démocratie (?).

Je suis heureux parce que, fils d’un pays qui a inventé un concept abject appelé
« ivoirité », juste pour institutionnaliser un système absurde de préférence identitaire, pour légitimer le mépris de la différence et le rejet d’une origine autre que celle que l’on considère comme la meilleure, je sais que la charge symbolique de ton élection va relancer le débat sur le choix de la compétence avant la race, avant la nationalité, avant la filiation.

Ton élection va donner raison et force à d’autres « fils de minorité » qui ont du talent et de l’intelligence mais à qui l’on barre la voie d’accès au pouvoir parce qu’ils ne seraient pas « nés pour gouverner ».

BRAVO , OBAMA !!!

Concernant les défis que tu as à relever, défis liés à la grande crise financière qui frappe ton pays et le monde, défis liés à la souillure déversée sur ton peuple par les erreurs de ton illustre prédécesseur, concernant ces défis, dis-je, je te sais suffisamment intelligent pour les relever dans la mesure de tes possibilités.
Mais je sais aussi que n’importe quel autre Américain, de n’importe quelle autre origine peut relever ces défis. Cela n’est que pure question de pragmatisme, de discernement, de diplomatie, de tact et de sagesse. Quand on est intelligent, on a ces qualités et les intelligents, il y en a beaucoup dans le monde et en Amérique.

Voilà pourquoi, pour moi, ce n’est pas ton intelligence qui te distingue des autres, mais ce que tu représentes dans l’Histoire de la lutte contre le racisme et la ségrégation, ce que tu représentes pour la nouvelle génération d’hommes et de femmes d’action dans le monde en général et en Afrique en particulier.

BRAVO, OBAMA
Pour nous avoir donné de comprendre qu’un rêve entretenu avec foi, volonté et courage finit toujours par se réaliser;

BRAVO OBAMA
Parce que tu viens de nous aider à mieux comprendre le fameux « I HAVE A DREAM » du King à travers ton désormais légendaire « YES WE CAN ».

MERCI OBAMA,
D’avoir comblé l’attente messianique de millions de personnes dans le monde et surtout chez toi aux Etats-Unis.
Il t’appartient maintenant de savoir te méfier des Judas qui vont s’infiltrer parmi tes fidèles. Un poète l’a dit : « Il y a des loups ailleurs que dans les bois ».

Mais quoi qu’il arrive, quoi qu’il t’arrive, tu auras été le plus beau Soleil du 21ème siècle pour une grande majorité d’hommes et de femmes dans le monde, des combattants pour l’égalité des races et des chances; tu auras été un des plus grands repères historiques de tous les temps.
BRAVO, OBAMA !!!

MINGA