>AIME, ô bien-aimé chantre de la Négritude,
Inspirateur d’une nouvelle conscience de la race et du devoir,
Maître du verbe qui élève, qui guérit, qui ennoblit,
Éternel tu resteras dans les coeurs où tu as jeté des grains de poésie.

FERDINAND, fer de lance noir du combat contre le colonialisme blanc,
Espérance, foi et vie, tu as donné aux rejetons des victimes de négriers,
Restant toujours toi-même au plus fort des vents contraires,
Digne chevalier conquérant les terres volées par les maîtres chanteurs.
Inébranlable est demeurée ta conviction que respecté sera le Noir
Non, Bien-aimé Césaire, tu n’es pas mort !
As-tu fini de voir s’éclore les fleurs des vers de ta pépinière ?
Non, Bien-aimé Césaire, tu n’es pas mort !
Dans chaque cœur, dans chaque esprit, vivace est le souvenir de toi.

DAVID, toi qui as osé affronter les monstrueux Goliath d’outre-mer,
Avec les mots qu’ils t’ont appris, que tu as su construire avec génie,
Veille toujours sur nous, apprentis poètes sur ton chemin engagés ;
Illumine-nous de la lumière de ton intelligence, de ta sagesse ;
Dirige-nous vers la réalisation de l’unité de la race humaine.

CESAIRE, c’est grâce à toi que j’ai découvert le mystère de la poésie,
Écoutant mon prof réciter avec joie les vers magiques de ton célèbre Cahier.
Sésame pour moi tu as été pour explorer l’intérieur de la langue de voltaire
Ange gardien des temples de la Parole noire par les Noirs et pour les Noirs,
Icône d’une génération consciente qui veut continuer ton œuvre ici-bas,
Repose en paix, Grand Maître, mais prête l’oreille aux voix dans le vent,
Entends qui vers toi montent les humbles hommages de petits poètes perdus.