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Au moment où les populations zimbabwéennes retiennent leur souffle, craignant que leur pays ne bascule dans une violence aveugle, le président sud-africain, Thabo Mbéki, sortant d’un entretien avec Robert Mugabé, a déclaré sans sourciller qu’il n’y a pas de feu à la maison, pas de conflit ni de risque de conflit. Soutenant ainsi, très clairement, son homologue zimbabwéen, au grand dam de ceux de ses pairs qui pensent – sont-ils sincères ? – qu’il faut faire quelque chose pour éviter un « Kénya bis ».
Thabo Mbéki a, on commence à le comprendre, sa façon bien à lui de se faire remarquer sur l’échiquier politique international : s’opposer à l’opinion de la majorité. Sa position sur le sida dans son pays est la meilleure illustration de son penchant nihiliste ou « négationniste ». Tant pis !
Succéder à une légende ne suffit pas, ni pour entrer dans la légende, ni pour être soi-même une légende.
Au sein du syndicat des chefs d’État africains, la solidarité dans le mal fait son petit bonhomme de chemin. Alors, pourquoi Mbéki ne serait-il pas la béquille de son ami Mugabé ?
Une chose est sûre : aujourd’hui le Zimbabwé est abandonné à son sort. Les spécialistes des interventions rapides attendent. Quand le feu s’allumera, ils courront vers le Zimbabwé pour l’éteindre. A leur façon. C’est dommage. Pauvre Afrique !!!