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Il n’ y a rien à faire, les Jeux Olympiques, dans leur forme actuelle, sont éminemment politiques. La rime n’est pas gratuite ! Ce sont des jeux d’intérêts au relent de la mondialisation perverse.
Sinon, comment comprendre qu’à un pays comme la Chine, connue par tous comme un des plus grands mouroirs des libertés individuelles, un des plus vastes cimetières des droits humains, on accorde l’organisation de la plus grande compétition pluridisciplinaire du monde. « La Chine a promis de changer », dit-on. On a donc misé sur la bonne foi d’un pays qui, dans le cadre de sa nouvelle politique d’invasion impérialiste du monde, veut faire feu de tout bois, pour être visible et incontournable. On a oublié que le vieux caniche ne change pas du jour au lendemain sa façon éhontée de s’asseoir. On a oublié les horreurs d’un régime qui continue de faire souffrir des hommes, des femmes, des enfants, qui ont perdu à jamais, le droit de rêver au bonheur. On a oublié les massacres au Tibet dont le leader spirituel, Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï Lama, vit en exil depuis quarante-neuf ans. Un demi-siècle presque !
Aujourd’hui, la Communauté internationale semble accorder du crédit aux élucubrations des dirigeants chinois qui laissent entendre à qui les écoute que cet homme marqué par la misère qu’on fait subir à son peuple est « un agitateur ». On a oublié que Le Dalaï Lama a reçu en 1989, le Prix Nobel de la Paix. Parce qu’il prônait, malgré les pleurs incessants des Tibétains qui en avaient marre de l’oppression chinoise, « la voix du milieu », c’est-à-dire, l’option du dialogue et du règlement pacifique de la crise. On a oublié cela, soit parce que ce monstre hybride qu’on appelle communauté internationale a la mémoire courte, soit parce qu’on pense que le pouvoir chinois prime sur le droit tibétain.
Le club des intéressés du monde qui font la pluie et le beau temps a décidé que les J.O. soient maintenus en Chine. Envers et contre tous ceux qui aspirent à l’équité, à la justice, à la liberté.
J’en ai entendu évoquer les J.O. d’Athènes 2004, quand ce pays était en plein conflit « turcs-chypriotes ». Les belligérants auraient tu leurs rancoeurs le temps qu’avaient duré les jeux. Alors pourquoi pas en Chine ? Comme si le monde ne devrait pas changer de mentalité, pour promouvoir la paix et le respect des droits humains au fil des années ! Comme si la Chine était la Grèce ! Comme si la Chine ne devait pas faire mieux que des promesses fallacieuses pour jeter de la poudre aux yeux de ceux qui veulent jouer les voyeurs !
On accuse les Tibétains de casser, de brûler, de tuer…
Personne ne doit excuser des actes de violence, c’est vrai. Mais est-ce pour autant que l’on doive oublier que la révolte, la vraie révolte, n’est que la fille légitime d’une trop longue résignation sans espoir ? Peut-on, doit-on, en vouloir à un être humain qui, lassé d’être piétiné, bafoué, humilié, laisse se manifester son instinct de survie ? Surtout quand on n’a rien fait pour qu’il n’en arrive pas à ce point !
Il paraît que la flamme olympique a pour objet de « diffuser le message de paix et d’amitié des peuples unis dans un monde, un rêve ». Est-ce vrai ? Si oui, alors les organisateurs des Jeux Olympiques se moquent de la race humaine. Parce qu’un pays qui en annexe un autre n’a pas de message d’amitié à communiquer au reste du monde. Un pays tortionnaire, meurtrier et impérialiste n’a pas le même rêve qu’un pays épris de liberté, de paix et de justice.
Autant renommer ces jeux qui, j’en suis sûr, ne font plus honneur aux dieux de la Grèce antique.
Cette flamme qui est en train de faire un honteux tour du monde n’est pas une flamme olympique. C’est une flamme politique. La flamme de l’injustice, de l’impunité, de la dictature. La flamme des drames.
Voilà pourquoi je dis : À BAS PÉKIN 2008 !!!

Photo : ©Harandane DICKO