Afrique, mon Afrique
Y a-t-il au monde des hommes sincères qui t’aiment
Et qui veulent te voir grandir ?

Afrique mon Afrique
Ô toi la friche des rêves évanouis, des projets avortés,
Des plaisirs inassouvis, des amours inachevées,

Ta bosse qui te fait courber l’échine depuis des millénaires
Serait-elle le signe de la malédiction
Qui lie ton destin à la vase du monde ?

Afrique, mon Afrique
Jusqu’à quand le fric et le chic du pouvoir
Continueront-ils
de monter tes enfants les uns contre les autres

Pour te déchirer et toujours faire couler le sang innocent
Des fruits verts de tes entrailles encore palpitantes de douleur ?

Afrique, mon Afrique
Ne te lasses-tu pas de tant de souffrance,
De tant de misère, de tant de haine,
De tant de guerres ruineuses, absurdes, ignobles, avilissantes ?

Afrique, mon Afrique
Le coeur de tes terres
Le ventre de tes océans
Ne sont-ils pas encore repus
Des corps du Sud
Des corps des Grands Lacs
Des corps du Darfour
Des corps de Lomé
Des corps d’Eburnie, du Golfe de Guinée
Des corps du Libéria, de la Sierra-Leone, de l’Angola… ?

Afrique, mon Afrique
Les corps du Kenya ne sont-ils pas de trop ?
Y a-t-il encore des cimetières pour contenir tes cadavres ?
Vas-tu toujours continuer à te laisser diviser,
A te faire saigner, malmener, massacrer

Au grand bonheur des esprits colons
Qui rient sous cap en te disant YAKO ?

Au grand dam de ceux de tes enfants
Qui souffrent de ton déclin sans fin ?

Afrique, mon Afrique
Pourquoi toi, toujours toi
Quand on parle de victoires volées aux élections
Quand on parle de conflits ethniques
Quand on parle de tripatouillages de Constitutions
Quand on parle de rebelles, de criquets, de famine ?
Pourquoi toi, toujours toi ?

Afrique, mon Afrique
Les « héros » qui sont passés te « civiliser »
T’auraient-ils régler d’avance
Pour vivre tous ces malheurs

Pour donner à leur conscience
Une bonne raison de revenir te « reciviliser » ?

Afrique, mon Afrique
Serais-tu vraiment sauvage
Sans civilisation
Sans conscience ?

Afrique, mon Afrique
Ô toi la friche des rêves évanouis, des projets avortés,
Des plaisirs inassouvis, des amours inachevées,

Ta bosse qui te fait courber l’échine depuis des millénaires
Serait-elle le signe de la malédiction
Qui lie ton destin à la vase du monde ?

Si oui,
Qui va nous sauver ?

Je vais de ce pas demander à Dieu
Pourquoi la Mère de l’humanité
Doit-elle être la terre de l’iniquité…

Mais avant, je tiens à te dire :
Je t’aime Afrique, mon Afrique.
Une mère est toujours belle pour son fils
Même si elle est bossue !
OUI, JE T’AIME, maman Afriki
Mais toi aussi, comprends-moi un peu…