>Les préjugés en matière de religion suffisent-ils à faire d’un homme un
philosophe ?
Question d’internaute. Ma réponse…

Le mot « préjugé » ne pose aucun problème au niveau de sa définition et de sa compréhension. Quant au mot « philosophe », il est si élastique qu’on peut y fourrer tout ce qu’on veut.
Qui est philosophe ? N’importe quel fou capable de chantage, d’amalgame, d’élucubrations honteuses peut être considéré par ses ouailles comme un philosophe ! N’importe quel hérétique ayant le don du verbe facile ou de persuasion peut être considéré par des naïfs comme un philosophe !
En ce qui me concerne, tout homme imbu de préjugés (de race, de religion, de sexe, de classe sociale…) est un minus habens, un minable qui ne mérite pas l’honneur d’être appelé philosophe. Parce que le préjugé est incompatible avec l’amour, avec l’acceptation de la différence, avec la liberté d’être, la liberté de penser. Parce que le préjugé tue alors qu’un philosophe au sens noble du terme prêche l’amour de la sagesse, la pensée enrichissante…
Et les préjugés en matière de religion sont les plus dangereux dans la mesure où ils plongent l’esprit dans un obscurantisme amer et cruel. Moi je pense que la philosophie se définit par rapport à des réflexions sur la vie et sur le monde qui, malgré leur degré de subjectivité, ajoutent au « musée des pensées » de l’Humanité, sans distiller dans l’esprit du peuple la rancoeur, la haine, le mépris, la distance, l’éloignement.
Alors oui, les préjugés en matière de religion peuvent suffire à faire d’un homme un philosophe. Mais un tel philosophe est un philosophe des malheurs et de la destruction, un philosophe de la honte.