On n’est jamais seul en réalité. D’ailleurs on ne naît jamais seul. Il y a toujours quelqu’un quelque part loin de nous ou à côté de nous, pour nous voir, nous regarder, nous parler, nous toucher… Il y a toujours quelqu’un quelque part pour penser à nous, rêver à nous, compter sur nous… Il y a toujours quelqu’un quelque part, avec nous, pour nous, grâce à nous, à cause de nous… Il y a toujours quelqu’un quelque part.

Et pourtant, ON EST SI SEUL ! Si seul face à face avec la vie, face à face avec le destin, face à face avec nous-même ! ON EST SI SEUL face à la multitude d’images qui nourrissent la curiosité de notre regard, face aux voix innombrables qui remplissent le vide de nos oreilles, face aux caprices du temps dans la vastitude d’un espace dont nous sommes loin de maîtriser les contours. ON EST SI SEUL devant un paysage de visages étranges parce qu’étrangers à notre univers habituel. SI SEUL devant une présence qui transforme notre existence en absence, une présence qui nous renie et nous relie au néant.
Moi je me sens seul. Toujours seul. Si seul que chaque présence renforce ma conscience de ma solitude. Pour moi, chaque présence porte le germe de la solitude et on n’est jamais plus seul que lorsqu’on est présent.