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Et si le moi avait tué notre foi ?

Eruptions volcaniques, tremblements de terre, incendies gigantesques, volumineuses inondations, catastrophes aériennes, surtout catastrophes aériennes !!! C’est à croire que la colère des dieux n’a pas de repos. Et ils auraient raison !

Plus le monde se développe, plus l’homme s’enveloppe… dans un particularisme méprisant, dans une indifférence haineuse ; ce qui le pousse sinon à ignorer l’autre son semblable, du moins à le négliger, à le sous-estimer.

Et ce sont ceux-là mêmes que des peuples assoiffés, affamés, exténués par le poids douloureux d’une vie sans grand espoir, ont choisis pour conduire leurs pays, ceux-là mêmes qui sont considérés comme des  » Christ « , des maîtres, des guides, ce sont ceux-là mêmes dis-je, qui se comportent en bergers inconséquents et sadiques qui projettent leurs troupeaux dans les gouffres pour les regarder, du haut de leurs trônes de  » roitelets « , se débattre contre la mort. Au lieu de les faire paître dans une prairie verdoyante.

Et le pouvoir qui donne des ailes ! Illusion de grandeur, volonté de puissance, rêve de déité ! L’autre est piétiné, injurié, chicoté, bafoué, humilié, vendu. (Néo)Colonisation, travaux forcés, esclavage ! Vive l’impérialisme ! Impérialisme économique, intellectuel, culturel. Impérialisme scientifique ! Dieu est mort et les hommes créent des hommes à leur image ! Sadiques, pervers, cyniques.

Synagogues pleines de larmes, temples pleins de sperme, mosquées pleines de sang, églises pleines de feu ! Vilenies, mensonges, calomnies. Les anges ne sont plus que des diables masqués. Dignité, honneur, humanité, renvoyés aux calendes grecques, immédiateté oblige ! Ici et maintenant, chacun veut sa part. Et c’est l’opposition des forces. La raison de la force devenant la force de la raison. Conflits de compétence, querelles de personnes, guerres tribales, guerres civiles, partout sur la planète, la haine sécrète le virus de la mort.

La science a-t-elle mangé toute la conscience de l’homme ? A-t-on encore une âme si l’on continue d’acheter des armes, rien que pour faire couler du sang et des larmes ? Le moi n’a-t-il pas définitivement tué la foi en nous ? N’est-ce pas parce que nous avons effrontément tourné le dos à nos valeurs culturelles, à nos forces spirituelles, que la nature dont nous avons toujours cru maîtriser la loi nous rappelle à l’ordre ?

Tous les grands progrès en physique, en géologie, en astronomie, en océanographie, en météorologie, en navigations maritime et aérienne, tous ces progrès nous ont-ils mis à l’abri de l’imprévisible et des caprices mortels de la nature ? Nous ont-ils aidés à trouver des solutions définitives aux causes récurrentes des graves catastrophes qui endeuillent quotidiennement l’humanité ?

On ne peut toujours pas éteindre à jamais un volcan. Il n’existe pas encore de boutons à appuyer pour arrêter une pluie, un incendie ou un vent, un tsunami. On n’a pas encore réussi à fabriquer des avions qui pourraient résister à tout et qui n’exploseraient jamais en plein vol…

Pourtant, nous savons être des policiers, les gendarmes du monde. Nous pouvons miser des milliards -peu importe en CFA, en euros ou en dollars- pour avoir des têtes ! Ben Laden invisible continue de faire tuer. La terreur que faisait régner Saddam Hussein s’amplifie après la chute de ce dernier. Des dictatures existent encore avec lesquelles nous coopérons. Mais nous refusons de faire notre examen de conscience. Nous ne savons pas avoir honte de nos échecs. Les humiliations que nous subissons ne nous aident pas à repenser notre façon de penser.

En attendant, la science qui va sauver le monde fait la sieste dans le jardin de l’Oncle Sam. En attendant, les horreurs peuvent continuer à couvrir la surface de la terre qui, prenant la couleur du sang, ne sera plus la planète bleue. Elle sera la Planète Rouge, la planète de la guerre. Tant pis, on trouvera un autre nom pour Mars.

Juste pour rappeler que nous avons trop de limites pour rêver d’atteindre Dieu.