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En effet, depuis toujours, la situation des enfants en difficulté m’a interpellé et a suscité en moi moult interrogations quant à ce qu’il faut faire pour leur faciliter la vie. Ma pièce de théâtre (« ZÊGUÊ OU L’ENFANT DES MALHEURS ») écrite en 1987 et classée 4e au plan national au Festival de théâtre scolaire et universitaire de la Côte d’Ivoire posait les fondements de mon questionnement sur le sujet. Mon roman dont le manuscrit a disparu (« LES CHATS NOIRS -Nous sommes tous responsables ») a été écrit entre 1997 et 1998, justement pour traduire en mots les cris de mon coeur déchiré par la misère que des adultes inconscients font subir aux enfants. Ma nouvelle (« L’ENFANT DU TROU NOIR ») sortie d’un atelier d’écriture organisé par l’association culturelle Acte Sept sur le thème « Une photo, une nouvelle » en 2002, s’inscrit toujours dans ma logique d’amener les adultes à réfléchir sur le sort qu’ils font subir, à tort, à leurs enfants.

J’ai donc toujours rêvé d’aider ces enfants à surmonter l’handicap des frustrations qu’ils subissent au quotidien et à découvrir en eux la lumière d’un potentiel qui peut faire d’eux des femmes et des hommes de valeur qui comptent dans la société. Il m’est plusieurs fois arrivé de prendre un crayon, dans les années 80 et 90, pour dessiner le plan du centre d’accueil pour les enfants en difficulté que je construirai un jour si j’en trouve les moyens humains, financiers et matériels. Les moyens intellectuels pour un tel projet, je crois les avoir depuis longtemps.
Le 19 avril donc, l’idée d’aider ces enfants a ressurgi, et avec force ! Je me suis mis à réfléchir à la manière de l’accoucher et à son nom de baptême. Je me suis saisi d’une feuille de papier et d’un stylo et… « GERME D’AMOUR » est née. Une association culturelle de charité par l’activité créatrice de talents et de personnalités fortes et fières. Le slogan que je retiens aujourd’hui jeudi 26 avril, une semaine après la naissance de « GERME D’AMOUR », c’est « Omnia vincit amor« , c’est-à-dire « L’amour triomphe de tout« . C’est un vers du grand Virgile, ce poète latin des années 40 avant J.C. dont on connaît l’influence sur la littérature occidentale. Mais « mon » amour qui triomphe de tout est différent de l’amour personnifié de Virgile, cet amour tyran qui persécute hommes et dieux. « Mon » amour à moi, c’est le mouvement d’un coeur qui tend vers un autre coeur, pour partager avec lui un sourire, un geste, un mot, une foi, un talent… « Aimer, c’est aider à vivre » est aussi un slogan qui doit être traduit en acte concret. « GERME D’AMOUR » se chargera d’organiser des activités de création littéraire et artistique (écriture, peinture, sculpture, céramique, photographie, chorégraphie…) et d’animation culturelle (lecture, sketch, jeux de rôle…). Les grands qui ont la chance d’avoir pu exploiter leur talent doivent pouvoir le partager avec les enfants marginaux ou marginalisés. Partager son talent, pour moi, c’est donner de la joie tout en fortifiant sa propre foi. Partager son talent, c’est offrir à l’autre une parcelle d’amour sur laquelle il peut tracer les sillons de son bonheur.
En dehors de ma Querida Awa Diakité, Harandane Dicko qui partage le même bureau que moi au CFP est la première personne à entendre parler de ce projet. Et il est très intéressé, Harandane, et sera certainement la deuxième personne à me soutenir dans ma longue marche ce fin sentier de la charité par la culture du talent qui peut faire germer l’amour.

Crédit photo: Harandane DICKO/CFP2007